DES NOMS CÉLÈBRES SE SONT DÉPLACÉS À BOMBON POUR CONSTRUIRE LA VICTOIRE ENTRE JUIN ET OCTOBRE 1918

ILS NE SONT PAS TRÉS NOMBREUX - CE N'ÉTAIT PAS LE BUT

ILS NE VENAIENT PAS SOUVENT - IL NE FALLAIT PAS QUE LE VILLAGE DE L'ETAT-MAJOR SOIT REPÉRÉ PAR L'ENNEMI

FOCH HABITAIT BOMBON, MAIS ORGANISAIT CERTAINES DE SES RÉUNIONS AILLEURS NOTAMMENT À SARCUS (190km) ET MOUCHY-LE-CHATEL (140km), DEUX ANCIENS SITES DE SON ÉTAT-MAJOR.

Les dates et personnalités venues au GQGA de FOCH:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209915w/texteBrut

General-de-Brigade_Mordacq-1918

5 Juin: le Général Henri MORDACQ, Chef du cabinet militaire de Georges CLÉMENCEAU Président du Conseil et ministre de la Guerre depuis mi-novembre 1917 vient au Grand quartier général des Alliés pour s'entretenir avec le Général Foch; puis va voir le Général Pétain à son Quartier Général des armées françaises à Provins. En fait Clémenceau faisait totalement confiance au Général Mordacq pour tout ce qui concernait le ministère de la Guerre. Mordacq avait soutenu la nomination de Foch comme coordinateur du "commandement unique" auprès de Clémenceau et des britanniques; ce qui a facilité  la décision prise à Doullens le 26 mars. La nomination fut confirmée du côté brittanique par le ministre Milner, le marshal Douglas Haig et Sir Herbert Lawrence. Du côté français le Président Poincaré, Georges Clémenceau, le ministre de l'Armement Louis Loucheur étaient accompagnés par les généraux Foch, Pétain, Mordacq et Weygand. Le 7 juin à Paris avait eu lieu une réunion franco-britanique.

Calcagno_Riccardo

9 juin: Foch reçoit le Colonel Brigadier Riccardo CALCAGNO, que lui envoie le général Armando DIAZ, commandant suprème de l'armée italienne. Il est désigné pour représenter la mission militaire italienne auprès du GQGA de Foch. La maison Decaux au village de Bombon lui a été réservée.  L'Italie avait rejoint les Alliés début mai et avait accepté le "commandement unique". Certaines unités françaises et brittaniques avaient été déplacées en Italie et inversement des ouvriers italiens avaient été transportés pour des travaux proches du front du nord et de l'est de la France.

Foch-et-Pershing-28-mars

Le même jour entrevue de FOCH avec le Général US PERSHING. Le 28 mars, deux jours après Doullens et la nomination du général Foch comme coordinateur des armées alliées, le général John Pershing avait mis son armée à la disposition du général FOCH en présence de Georges Clémenceau, Louis Loucheur et du général Pétain. Cette décision fut largement diffusée par la presse; elle eut pour effet de remonter le moral des alliés et de faire descendre celui des troupes allemandes (article et photos publiés le 30 mars dans le Petit Journal). Pershing vient confirmer à Bombon ses engagements du 28 mars et témoigner de son  désir ardent de voir toutes ses divisions prendre part à la bataille. Il se faisait aussi l'interprête de la nation américaine unanime et résolue à jetter toutes ses forces dans la lutte. Les soldats US n'étaient pas encore prêts à combattre et devaient suivre une formation de 3 mois avec des instructeurs britanniques.

Le 11 juin eut lieu la contre-attaque du général Mangin qui surprit l'ennemi, fit 1000 prisonniers et enraya sa progression.

Clemenceau-par-Cecilia-Beaux

Le 13 juin lettre de Foch aux deux commandants en chef (Marshal Haig et Général Pétain) pour organiser les transferts des régiments en réserve du côté de l'armée qui serait attaquée la première.

15 juin: Au cours d'une conférence réunie à Bombon sous la présidence de Georges CLÉMENCEAU, les responsabilités des généraux sont délimitées, notamment pour la défense de Paris menacée par l'artillerie allemande. 

Paul-Doumer-Paris

Assistaient à cette conférence: MM. Paul DOUMER, vice-président du Comité de défense de la ville de Paris , René RENOULT, président de la Commission de l'armée à la Chambre des députés, les généraux Foch, Pétain, Guillaumat, Roques, Herr, Mordacq et Weygand. Paul DOUMER sera élu Président de la République en mai 1931 après avoir été Président du Sénat.

amiral-ferdinand-Debon-1918

 L'Amiral Ferdinand de BON, chef d'etat-major de la Marine française vient parler avec Foch de la Marine de guerre française et de la coopération avec les marines alliées. De fait la Marine brittanique va coordonner la stratégie des marines française et italienne. Le 16 juin Foch envoie une note à tous les commandants en chef sur l'importance particulière à apporter à la 2e ligne du front.

General-Tasker-Howard-BLISS-1918

17 juin : Général US Tasker H. BLISS, représentant le Président Woodrow WILSON. Convaincu par le général Mordacq, le général Bliss avait poussé le Président Wilson à accepter le "commandement unique" sous la conduite de Foch. BLISS vient insister pour que les troupes américaines constituent une armée unique et ne servent pas de troupes d'appoint aux armées anglaises ou françaises. Par ailleurs il vient entretenir Foch d'une demande adressée par son ministre lord Milner au président Wilson, en vue du transport d'un contingent américain de 4 000 hommes (trois bataillons et deux batteries), à Mourmansk et Arkhangel.

General-Pétain-1918

18 juin: Général Philippe PÉTAIN - Foch précise à Pétain, qui était réticent, ce qu'il attend dans la mise en place prévisionnelle des points d'appui de la 2e ligne.

3 juillet: Général Philippe PÉTAIN

Philippe Pétain est commandant en chef des forces françaises. Il commande d'une part le général Fayolle (armées de l'ouest) dont dépendent les généraux Mangin, Humbert et Debeney. D'autre part le général Maistre (armées du centre) commande les généraux Gouraud, Guillaumat, Berthelot et Degoutte. Et enfin le général de Castelnau, (armées de l'est) dirige de son côté les généraux Gérard, Hirschauer et de Mitry. Le quartier général de Pétain est dans la caserne de Provins (37 km de Bombon). 

Entre ces deux rencontres avec Pétain, FOCH et CLEMENCEAU sont allés à Chaumont (140 km) au QG US le 23 juin.

Par ailleurs l'offensive autrichienne contre les armées italiennes du 15 au 23 juin se solde par un échec de l'ennemi, mais l'armée italienne n'en profite pas en renonçant à contre-attaquer. Ce que lui reprocheront les Alliés. 

Louis-Loucheur-Ministre-armement-Clemenceau-19184 juillet: Conférence entre Général FOCH, Georges CLÉMENCEAU, son ministre de l'Armement Louis LOUCHEUR et le Général PÉTAIN. Le ministre Louis LOUCHEUR (photo ci-contre) fut très tôt l'un des soutiens de Foch auprès de Clémenceau. En ce début du mois de juillet des contre-attaques se préparent du côté alliés. Les questions d'armement et de matériel militaire sont décisives, d'autant que l'artillerie française supplée les insuffisances profondes de l'artillerie US.

John-Pershing-Black-Jack

10 juillet: Général John PERSHING : Le général FOCH s'est déja déplacé au QG US de Chaumont le 17 et le 23 juin où il a rencontré John Pershing avec son état-major. La deuxieme fois il y avait aussi avec lui Georges Clémenceau, et les généraux Mordacq et Weygand. Pershing vient à Bombon où réside dans la maison Sivignon, le Colonel Bentley T Mott, représentant la mission américaine auprès de Foch.

Clemenceau-LeTigre

11 et 17 juillet: Georges CLÉMENCEAU. Le Président du Conseil des ministres, surnommé "Le Tigre", s'est profondément impliqué dans le fonctionnement des Armées, il cumule le ministère des Armées. Il se déplaçait très fréquemment pour être à l'écoute des besoins des troupes. Son ancien surnom devint rapidement moins populaire que le nouveau, le "Père la victoire". Il se déclarait prêt, le 11 juillet, à fournir au Comando supremo (Général Armando Diaz) certains moyens matériels qui pourraient lui être nécessaires, notamment des camions, des chars d'assaut et des obus à ypérite.

Pétain doit se préparer à repousser une attaque allemande prévue en Champagne.

Le commandement français apprend par des renseignements que l'attaque allemande en Champagne doit commencer le 15 juillet par une préparation d'artillerie. Il décide d' anticiper cette préparation par une contre-batterie propre à démoraliser les fantassins allemands. La 4e armée du général Gouraud repoussa l'infanterie allemande sur toute la longueur du front à l'est de Reims. Mais la 5e armée resista beaucoup moins bien à l'ouest de Reims. L'ennemi fut néanmoins arrêté.

Le 15 juillet Foch est à Mouchy-le-Chatel où il rencontre le Marshal Douglas Haig.

Le 18 juillet la contre-offensive est lancée par les 10e et 6e armées, elle fait reculer les lignes ennemies. La contre-attaque se poursuit le 19 juillet. Ce sont 10 000 prisonniers pris. Cependant la progression est plus lente les 20 et 21 juillet. Avec l'aide de la 5e armée Oulchy-la-Ville et Oulchy-le-château seront enlevées le 25 juillet conférant un avantage stratégique considérable et obligeant l'ennemi à reculer sa ligne de front au nord de l'Ourcq. C'est la contre-attaque qui change le cours de la guerre. Les Alliés ont maintenant l'avantage de l'offensive sur un ennemi sur la défensive.

24 juillet: Grande réunion: le général Ferdinand FOCH se concerte avec le Marshal Douglas HAIG, le Général Philippe PÉTAIN et le Général John PERSHING. Une photo a été publiée sans que le lieu soit mentionné. La photo ne permet pas d'identifier où elle a été prise: en fait, devant le château à Bombon. C'était encore l'époque du secret militaire à propos de GQGA de Foch. Sa localisation ne sera dévoilée qu'après l'Armistice du 11 novembre.

Foch-pershing-Haig-Petain1 Photo publiée sur l'Illustration le 17 aout 1918.

Lors de cette réunion décisive Ferdinand FOCH remet à chacun une note qu'il fait lire à haute voix par WEYGAND. Cette note  guidera les opérations futures et chaque commandant d'une force alliée doit étudier sa faisabilité et donner ses objections au plus tard dans quatre jours. (aucun des trois ne donna d'objection et même le général Philippe Pétain répondit par écrit qu'il adhérait totalement à ce plan.

Le programme des actions offensives prochaines s'établit ainsi qu'il suit : 

1e - Opérations visant le dégagement des voies ferrées indispensables aux manœuvres ultérieures des armées alliées

a) Dégagement de la voie ferrée Paris-Avricourt, dans la région de la Marne, c'est le résultat minimum à obtenir de l'offensive actuelle

b) Dégagement de la voie ferrée Paris-Amiens, par une action combinée des armées britanniques et françaises

c) Dégagement de la voie ferrée Paris-Avricourt, dans la région de Commercy, par la réduction du saillant de Saint-Mihiel, opération à préparer sans retard et à entreprendre par les armées américaines, dès qu'elles disposeront des moyens nécessaires.

Opérations visant à dégager la région des mines du Nord et à écarter définitivement l'ennemi de la région de Dunkerque et de Calais. Ces opérations comportent deux attaques, pouvant être exécutées séparément ou en conjugaison l'une avec l'autre.

3e Ces actions sont à mener à court intervalle, de façon à troubler l'ennemi dans le jeu de ses réserves et à ne pas lui laisser le temps de refaire ses unités. Elles sont à doter puissamment de tous les moyens nécessaires de façon à réussir à coup sûr. Elles doivent réaliser, enfin, à tout prix, la surprise. Les récentes opérations montrent que c'est là une condition indispensable du succès.

4e Il y a lieu de prévoir, dès maintenant, pour la fin de l'été ou pour l'automne, une offensive d'importance, de nature à augmenter nos avantages et à ne pas laisser de répit à l'ennemi.

5e  Il faut enfin prévoir qu'au cours de ces opérations, l'ennemi, pour échapper à l'étreinte ou pour ménager ses effectifs, peut être amené à exécuter des replis successifs sur des lignes plus courtes préparées à l'avance. Ces manœuvres ne doivent pas surprendre les armées alliées qui doivent déterminer les replis possibles par l'étude du tracé des organisations arrières de l'ennemi. De surveiller l'ennemi pour saisir tous les indices de repli et d'avoir préparé toutes les actions nécessaires pour qu'il ne puisse pas exécuter ces manœuvres à loisir. (texte réduit contenant l'essentiel de la note)

Le 26 juillet FOCH rencontre le marshal Douglas HAIG à Sarcus pour préparer la nouvelle offensive à l'ouest en présence des généraux Rawlinson et Debeney.  L'attaque partirait du front Somme-Hargicourt avec la 4e armée britannique forte de douze divisions d'infanterie et 3 divisions de cavalerie, se portant en direction de Chaulnes. La lre armée française, forte de quatre à six divisions, progressant en direction de Roye. (l'offensive sera déclenchée le 8 aout)

Le 1er aout, la 10e armée se porte à l'attaque au nord de l'Ourcq. Les 25e, 41e, 68e divisions françaises et la 34e division anglaise, appuyées par des unités de chars, s'élançaient à l'assaut des hauteurs de Grand-Rozoy. Malgré une âpre résistance de l'ennemi, elles enlevaient de haute lutte la position allemande et elles s'y maintenaient en dépit de nombreuses et puissantes contre-attaques. Cette action décisive contraignait les Allemands à un nouveau repli. Le 2 aoùt les 10e, 6e et 5e armées atteignaient les plateaux au sud de la Vesle. Soissons était réoccupé. Le 3, la progression continuait. Nos troupes, venant border la rive gauche de la Vesle, reprenaient contact avec l'ennemi et poussaient même sur certains points quelques éléments au nord de la rivière. 

Étape importante vers la victoire: des divisions américaines, britanniques, italiennes et françaises y avaient participé. Résultats: 30 000 prisonniers, 600 canons, 200 minenwerfer, 3 000 mitrailleuses capturés, la voie ferrée Paris-Châlons rétablie, la menace contre Paris supprimée. Le moral de l'armée allemande était atteint, celui des Alliés grandi. Le 3 aout Foch est à Sarcus où il rencontre les britanniques: Marshal Haig.

Foch-et-Clemenceau

4 aout: Conférence: Général FOCH avec Georges CLÉMENCEAU, son ministre de l'Armement Louis LOUCHEUR et le Général PÉTAIN. Les mêmes qu'un mois plus tôt. Foch demande à Pétain d'avoir terminé ses préparatifs de l'attaque franco-américaine sur la Woevre à la fin du mois. Le lendemain Clémenceau proposera au Président de la République d'élever FOCH à la dignité de Maréchal de France. Le décret est signé le 6 aout et parait le 7 aout au Journal Officiel de la République.

Le 6 aout, Foch va retrouver le général Pershing à Chaumont au QG américain.

Charles-duvent-Chateau-Bombon-1918

7 aout: Le peintre Charles DUVENT vient à Bombon et réalise trois aquarelles. L'une montrant Ferdinand Foch seul dans son bureau du Grand quartier général Allié, debout devant les cartes affichées au mur positionnant les situations des différentes armées alliées et ennemies. Les deux autres aquarelles montrent l'extérieur du chateau de Bombon. (voir ci-contre) On remarquera sur le côté droit une petite construction arrondie. Il s'agit de la chapelle du château. C'est dans sa proximité, devant le château et sur la pelouse qu'eut lieu la cérémonie de remise du bâton de Maréchal. Les photos ont été prises de façon à ce que le château n'y figure pas. Il aurait pu être reconnu par les services de renseignement de l'ennemi. 

Le lendemain Foch est à Sarcus: nouvelle conférence Franco-Britannique: Maréchaux Foch et Haig et le général Fayolle.

Le surlendemain, toujours à Sarcus Foch rencontre Pershing et Pétain. Ils décident de constituer la première armée américaine vers la Meuse, proche du lieu de sa première future bataille.

Du 8 au 11 aout a lieu l'offensive conjointe de la 4e armée britannique (Rawlison) et de la 1ere armée française (Debeney) qui fait reculer significativement les allemands.

Audience de sa majesté le roi George V dans l'après midi du 12 aout à Flixécourt, au QG de la 4e armée britannique avec Maréchal FOCH, Marshal Douglas HAIG, général Rawlison, général Philippe PÉTAIN et les généraux français Fayolle et Debeney.. Accord complet des britanniques sur la poursuite de l'offensive comme Foch l'a conçue.

Elle est cependant suspendue et modifiée en raison de la résistance de l'ennemi sur sa ligne de repli. La poursuite est programmée pour le 20 aout: Vallée de l'Aisne jusqu'à la Scarpe. C'est ce qu'atteint la 10e armée française le 23 aout. La 3e armée britannique du général Bying partie le 21 arrive le 25 aux portes de Bapaume. Le 22 aout Foch fait le point avec Haig à Mouchy-le-Chatel.

23 aout: BATON DE MARÉCHAL REMIS À FERDINAND FOCH en présence du Président Raymond POINCARRÉ, Georges CLÉMENCEAU, les ministres LEYGUES et LOUCHEUR, les généraux DUPARGE et MORDACQ, le Colonel HERBILLON et le Commandant CHALLE venus à Bombon depuis Paris. Présents aussi les Généraux PÉTAIN, GOURAUD et WEYGAND et les officiers du GQGA. Raymond Poincaré dans ses mémoires précise aussi que les Bombonais l'ont accueilli: "Lorsque nous arrivons au poste de commandement du maréchal Foch, au château de Bombon, en Seine-et-Marne, nous sommes accueillis par les vivats des femmes et des enfants.Les autorités sur les photos sont exclusivement des français. Les autorités militaires des pays étrangers alliés seront réunies dans quelques jours, le 2 septembre. 

baton-marechal-foch-23-aout-1918 Cette photo a été choisie pour être diffusée, nous en montrons une autre qui fut provisoirement censurée car elle permettait d'identifier le lieu de la prise d'armes et du défilé militaire.

Foch-Clemenceau-Chateau-23aout-1918

John-Pershing-Black-Jack

24 aout : Le Général PERSHING vient à Bombon exposer au maréchal FOCH les préparatifs dont il avait été chargé le 9 aout à Sarcus. Mais la situation évoluant Foch ira le voir à Ligny en Barrois le 30 aout, lui demandant de prévoir une action sur le Saillant de Saint-Mihiel plus réduite, mais qui prendrait plus d'ampleur ensuite dans une opération franco-américaine sur Mezières. Le général Pershing avait un pied-à-terre à Bombon, dans la maison Sivignon où résidait son chef de mission: le colonel Bentley T Mott.

Le 26 aout la droite de la 1ere armée britannique commandée par le général HORNE enlevait la hauteur de Monchy-le Preux et progressait les 27- 28 aout jusqu'à la ligne fortifiée Drocourt-Quéant, provoquant avec l'appui de la 1er armée française et des 3e et 4e armées britanniques la retraite de l'ennemi derrière la Somme et le canal du Nord. La 4e armée britannique libérait Péronne le 1er septembre. De son côté la 10e armée française atteignait le 2 septembre la grande route de Soissons à Coucy-le-chateau. L'ennemi se repliait vers l'ancienne position Hindenburg de 1914, derrière la rivière Tortille et le Canal du Nord.

General-duc de connaught

2 septembre: Géneral Duc de CONNAUGHT, Marshall HAIG, ... Le Duc de Connaught appartenait à la famille royale de Grande Bretagne. Il était le 3e fils de la reine Victoria. Il représentait le roi GEORGE V son frère et était particulièrement qualifié car c'était un militaire de carrière qui avait été gouverneur du Canada. Les britanniques étaient représentés à Bombon par le Général Du Cane et disposaient du château de Bréau où ils pouvaient organiser leurs réunions internes. Les armées britanniques sont chargées de prendre la ligne Hindenburg et pour cela viser vers le 18 septembre dans une premiere étape de s'en rapprocher.

John-Pershing-Black-Jack

14h: Général PERSHING, General PÉTAINAu cours de cette réunion, le général Pershing admettait que l'opération de Saint-Mihiel et l'offensive sur Mézières n'étaient nullement exclusives l'une de l'autre, pourvu qu'elles se succédassent rapidement et qu'elles fussent pour cela combinées dans le temps. Dans ces conditions, il était décidé que: - 1° l'attaque de Saint-Mihiel, limitée à l'obtention de la ligne Vigneulles, Thiaucourt, Régnéville, serait préparée pour être déclenchée le 10 septembre, avec huit à dix divisions. - 2° L'attaque à l'ouest de la Meuse serait exécutée entre le 20 et le 25 septembre par l'armée américaine (douze à quatorze divisions, sans compter celles à récupérer de l'attaque précédente), entre la rivière et l'Argonne, appuyée à gauche par une attaque de la 4e armée française, le tout sous le haut commandement du général Pétain. Ces décisions firent l'objet d'un protocole remis séance tenante aux deux commandants en chef.

Louis-Loucheur-Ministre-armement-Clemenceau-1918

4 septembre: Conférence: Georges CLÉMENCEAU, Ministre LOUCHEUR, Maréchal FOCH, Général PÉTAIN; C'est la réunion mensuelle régulière destinée à prévoir les munitions, armes et matériels nécessaires aux dates prévues pour les opérations. La réunion permet aussi de programmer les moyens de transport nécessaires à l'acheminement des troupes et du matériel. Compte tenu du train très soutenu que le maréchal Foch exige, les délais sont très courts et s'ils se révélent insuffisants il faut décaler de un ou deux jours une opération.

6 septembre: Général Armendo DIAZ, commandant suprème des armées italiennes. Le colonel Riccardo Calcagno est son représentant à Bombon et réside dans la maison Decaux. 

Foch_diazLe maréchal FOCH et le général Armendo DIAZ au GQGA de Bombon. Le général Weygand est au second rang.

Le Maréchal Foch félicite le général Diaz pour l'excellent comportement des armées italiennes. Ils échangent aussi sur les unités à déplacer d'un front à l'autre et sur le matériel et armement à mettre à disposition des unités italiennes. 

Albert-1-Roi-des-Belges

Le 9 septembre Foch se déplace à La Panne pour rencontrer la famille royale belge que Clémenceau avait vu l'avant-veille. La reconquète de la Belgique par une armée tripartite : belgo-brittanico-française. Puis se rend à Cassel avec le général belge Gillain pour en parler avec le Marshal Haig et le général Plumer. 

Le 11 septembre Albert 1er, roi des belges vient au GQGA de Foch à Bombon. Il  demande un ordre de service et un général français pour chef d'Etat-Major de son armée composée de la 4e armée britannique, de l'armée belge et d'une armée française. (voir --> lien ). Le général Degoutte lui est présenté pour être son chef d'Etat-Major. La colonel Merschaert était son représentant permanent à Bombon et occupait au village la maison Besy.

 

Du 19 au 22 septembre le Maréchal Foch qui prépare une action d'envergure sur la ligne Hindenburg fait croire aux renseignements ennemis à une prochaine attaque des armées alliées en Lorraine et dans les Vosges en y effectuant un déplacement et une tournée d'inspection.

Le 23 septembre à Mouchy-le-Chatel: conseil de guerre avec le Maréchal Foch, Marshal Douglas Haig, Général Rawlinson, Généraux Fayolle et Debeney. 

Puis revenu à son quartier-général à Bombon Foch prend plusieurs décisions: 

- la date de l'attaque franco-américaine entre Suippe et Meuse sera le 26;

- le 27, attaque des 1ere et 3e armées britanniques en direction de Cambrai;

- le 28, attaque du groupe d'armées des Flandres (GAF) entre la mer et la Lys sous le commandement d'Albert 1er, roi des belges;

- le 29, attaque de la 4e armée britannique appuyée par la 1re armée française en direction de Busigny.

Toutes ces attaques seront couronnées de succès obligeant l'ennemi à un retrait de plus en plus important.

aquarelle_portail

Début octobre: L'envoyé spécial de L'Illustration, Gustave Babin, un des historiographes attitrés de la Grande Guerre, était reçu à son tour au château de B., où le maréchal Foch lui accordait une longue audience dont il était autorisé à publier le récit, illustré d'avance par les trois aquarelles de Charles Duvent.

La direction du journal précise: "À son article, écrit il y a un mois et demi, notre collaborateur n'a rien changé. Il n'y avait rien à changer. Il ne s'est rien passé depuis, au point de vue militaire, qui n'ait été conforme en tous points aux prévisions du commandant en chef. La victoire est venue inéluctablement, comme il l'attendait : les résultats obtenus en Orient et sur le front italien, les événements intérieurs en Autriche-Hongrie, puis en Allemagne, n'ont fait que brusquer le dénouement".

"Aujourd'hui, on le sait, le maréchal Foch ne réside plus au château de B. et il n'y a plus lieu de faire mystère du nom de cette demeure maintenant historique. Le Berceau de la Victoire ", ce fut le château de Bombon, près de Mormant, en Seine-et-Marne, appartenant au comte de Segonzac." (L'Illustration, 16 novembre 1918)

Vittorio-ORLANDO

3 octobre: Président du conseil ORLANDO, Le maréchal FOCH reçoit à nouveau le Président du conseil de l'Italie. L'armée italienne se prépare à une offensive sur l'armée autrichienne. Foch promet à Orlando le maintien de 3 divisions françaises, 2 britanniques et un régiment américain et du matériel. Vaincus à Vittorio Veneto le 30 octobre, les autrichiens signeront l'armistice le 3 novembre.

Le 4 octobre Réunion à Bombon de Foch avec Clémenceau et Mordacq -

Foch-et-Clemenceau

 

Clemenceau reproche à Foch de ne pas avoir obtenu de l'armée italienne qu'elle se décide à attaquer. Il lui reproche aussi de ne pas commander à Pershing de manière assez ferme car il ne tient pas ses engagements et est incapable de faire régner l'ordre dans les arrières de son armée. Clémenceau est de mauvaise humeur car il vient d'apprendre le décès de son gendre le sous-lieutenant Jules JUNG, mort pour la France dans la Meuse. Il va aussi entamer une dispute épistolaire avec le Président de la République Poincaré en le menaçant de sa démission.

Le 5, une dépéche de Suisse annonce que l'Allemagne demande l'Armistice sur les bases des 14 points du Président Wilson.

6 octobre Foch apprend que le président Wilson a reçu le 4 octobre des allemands une demande d'armistice. Le Président Wilson, malgré une hésitation, ne se laisse pas prendre à cette négociation séparée et renvoie les allemands vers Foch. 

1918-General-brigade-Henri_Mordacq

14 octobre: Général Henri MORDACQ, Chef du cabinet militaire de Georges CLÉMENCEAU. Le général Mordacq en l'absence de Clémenceau retenu à Paris, vient à Bombon pour faire le point sur la situation nouvelle et la préparation des conditions de l'armistice. Clemenceau l'a surtout envoyé pour demander à Foch d'être plus ferme avec Pershing. 

Foch-marechal-couleur

18 octobre à 10h15 Le maréchal Foch quitte Bombon en automobile pour Paris. Il établit son nouveau GQGA à Senlis. C'était en même temps plus proche de Versailles où se feraient les négociations interalliées et de Compiègne et Rethondes, lieu envisagé pour la signature de l'Armistice avec l'Allemagne. C'est donc pendant quatre mois et demi que Bombon a été le Berceau de la Victoire.

Ferdinand FOCH "économisait" le site de Bombon pour ne pas trop attirer l'attention sur ce que certains appelèrent le "MONASTÈRE DE BOMBON" car les divertissements y étaient rares et mesurés. Il utilisait les autres sites par lesquels il était passé précédemment notamment Sarcus et Mouchy-le-Chatel. Cela lui permettait de se rapprocher des fronts plus au Nord-ouest et de brouiller les pistes recherchées par l'espionnage ennemi.

General-Weygand-1918

A ce sujet le général Weygand a écrit: "La simplicité était de règle dans l'entourrage du Général Foch. L'état-major de ce chef qui commandait à vingt millions d'hommes, se composait d'une vingtaine d'officiers seulement, auxquels s'ajoutaient quelques agents de liaison des armées alliées. Le train de vie était simple, les voitures peu nombreuses et deux aides de camp suffisaient au général, qui n'avait ni cabinet, ni attaché de presse, ni aucun des hérauts d'armes dont les chefs les moins importants croient devoir s'entourrer de nos jours. Dans le cadre classique du château et du village de Bombon, cette petite équipe menait une vie exaltante, mais monacale; afin que soit protégé le secret des opérations on y recevait peu de visites et personne n'était obligé de faire les couloirs des ministères ou de livrer aux journalistes quelque confidence calculée. Suivant la formule de Foch, chacun était là "à son affaire" et n'avait d'autre objet que de vaincre l'ennemi."

 Un roi des belges, un frère du roi de Grande Bretagne, un président de la République, un futur président de la République, deux chefs de gouvernement: Clémenceau et Orlando, plusieurs ministres, un artiste aquarelliste, un journaliste, un amiral et une douzaine de généraux des armées alliées dont certains eurent un grand avenir. Ils vinrent comme de bonnes fées à Bombon, se pencher au-dessus du Berceau de la Victoire.