ALEXANDRE DURIOT S'ÉTAIT MARIÉ À CLÉMENCE BEIRENS, UNE BOMBONNAISE 

Il est Mort pour la France, tué à l'ennemi le 14 octobre 1914 à Hébuterne dans le Pas de Calais 

Il avait 32 ans et n'était marié à Clémence que depuis 5 ans et demi. Ils s'étaient unis à la mairie de Bombon le 29 avril 1909.

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Bizarement le décès d'Alexandre a été signalé à la commune de Mortcerf, c'était probablement là que vivait Clémence au début de la mobilisation d'Alexandre, chez ses employeurs ou sa belle famille. En effet, Alexandre est né à Châtillon Laborde et Clémence BEIRENS à BOMBON le 17 septembre 1880.

Devenue veuve, elle est revenue à Bombon où elle a finit ses jours en 1968.

La tombe d'Alexandre et Clémence se trouve dans le cimetière de Bombon et elle est toujours fleurie.

Clémence obtint une pension de veuve de guerre, comme confirmé par le Journal Officiel un an plus tard. 

Clemence Duriot-pension-1915

Alexandre DURIOT avait été incorporé au 146e Régiment d'Infanterie. Il était dans le même régiment que deux autres Bombonais qui ont été tués avant lui. Jules CHERTEMPS le 6 septembre au Bois d'Einville et Paul LABICHE le 25 septembre à Fouquescourt. Le 146e fut cité à l'ordre de l'Armée le 29 septembre pour avoir fait reculer l'ennemi. Alexandre DURIOT allait survivre seulement de quelques jours aux autres Bombonnais dont les noms sont gravés sur le monument aux morts du village. Mais le nom d'Alexandre n'y figure pas.

L'historien du 146e RI nous avait décrit la progression et les hauts faits du régiment jusqu'au 29 septembre à Fouquescourt à propos de Jules Chertemps et Paul Labiche. (cliquer sur leurs noms pour retrouver le récit)

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Le commandant David avait rejoint le régiment le 25 septembre pour en prendre le commandement après la mort glorieuse du chef de corps le Lt-colonel Pierre de Mazis.

Le 29 septembre, le 20e corps est cité à l’ordre de l’armée. Il a déjà prouvé qu’il est composé de troupes d’élite.
Le 29 au soir, le régiment, relevé par les troupes du 13e C.A., fait mouvement vers le nord et cantonne le 30 à Etinehem, sur la Somme. Il est en réserve et dans cette position il exécute divers déplacements en arrière du front. Vers l’avant, la bataille ne s’apaise pas.

Le 3 octobre, le mouvement vers le nord continue en auto. Le régiment s’embarque à Morlancourt, où il était cantonné, et débarque à Mailly-Maillet, d’où, le 4 au matin, il se rend à Colincamps.

Hébertune (4 octobre – 1er novembre) – Ce même jour, il rentre à nouveau sur le champ de bataille. A midi, départ pour consolider une partie du front, occupée par des régiments territoriaux. Le régiment s’établit sur le front "Ferme de Lassigny – Hébertune". Les bombardements sont fréquents et intenses, l’ennemi agressif. Le 6, à 2h30, alerte. Le tumulte d’une vive fusillade s’élève vers la droite. C’est Gomecourt qui vient d’être repris par les Allemands. Puis c’est Hébertune qu’ils attaquent, mais là il sont tenus en respect par le 146e, dans un combat qui dure toute la matinée. Devant cette résistance inébranlable, ils se retranchent devant le village et se bornent l’après-midi à un furieux bombardement. Le 7, le bombardement sur nos positions reprend plus violent et une attaque se dessine sur Hébertune. Notre artillerie répond énergiquement. L’ennemi renonce à" attaquer.

Hebuterne-chateau-1914 Le chef de bataillon David (Elisée), nommé lieutenant-colonel, conserve le commandement du régiment. Un renfort de 400 hommes, qui porte l’effectif du régiment à 1770 hommes environ, mérite une mention spéciale : il comprend le soldat ROYAL, ancien lieutenant-colonel, qui a repris du service et devient bientôt dans tout le régiment une notoriété respectée. Il y a également le lieutenant LECOMTE, blessé au 146e au début de la guerre et qui ramène son fils âgé de seize ans, qu’il a réussi à faire engager.

Un nouveau renfort de 500 hommes arrive quelques jours après du 6e R.I .T., suivi le lendemain d’un renfort de 400 hommes. Le 13, le régiment compte 2671 hommes.

Il occupe Hébertune, qu’il organise fortement avec les 2e et 3e bataillons. Le 1er bataillon est détaché vers la gauche. Le 12 octobre, ce bataillon participe à l’attaque de Hannescamps. Malgré des pertes élevées, il progresse notablement. Un peloton de la 3e parvient à s’établir à 400 mètres de la lisière. Le 14, Hannescamps, évacué par l’ennemi, est occupé par le bataillon. En vain, l’ennemi tente un nouvel effort le soir, à 20 heures, pour nous disputer ce point d’appui. Son attaque dirigée sur le front Est est repoussée. C'est pour enrayer cette offensive de l'ennemi avec le 146e RI qu'Alexandre Duriot succombera.

Encore une veuve et une famille de Bombon endeuillées en 1914 qui s'ajoute dans nos coeurs et notre reconnaissance à celles dont les glorieux maris ont leurs noms gravés sur le monument aux morts ! Ne laissons-pas l'oubli s'adjuger indûment la victoire...