BOMBON VILLAGE DE LA BRIE

09 mars 2017

LE FOYER RURAL DE BOMBON ET SES ACTIVITÉS AU PRINTEMPS 2017

DES RENDEZ-VOUS JUSQUE EN JUIN 2017 !

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DES ACTIVITÉS EN MARS

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THÉ À LA PAGE : 11 MARS

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TROC ET PUCES 12 MARS SALLE POLYVALENTE ET CONCERT EN L'ÉGLISE DE BOMBON SAMEDI 18 MARS

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A NE PAS MANQUER 

Foyer-Rural-717PROFITEZ BIEN DE VOS LOISIRS

 

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20 janvier 2017

INTERCOMMUNALITÉ - BOMBON REJOINT LES VALLÉES ET CHÂTEAUX

LA COMMUNE DE BOMBON SE SÉPARE DE MORMANT, RESTE AVEC GUIGNES, CHAUMES-EN-BRIE ET SAINT-MÉRY ET REJOiNT UNE INTERCOMMUNALITÉ À 31 COMMUNES EN COMPAGNIE DE CHAMPEAUX, BLANDY, CHATILLON-LA-BORDE, LE CHATELET-EN-BRIE, ETC...

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LA NOUVELLE INTERCOM S'APPELLE "BRIE, VALLÉES ET CHÂTEAUX"

Lors de la cérémonie des voeux à la Mairie de Bombon, le président de l'intercommunalité M. POTEAU était présent et a remercié Jean-Pierre GIRAULT. maire de Bombon et son conseil d'avoir demandé à rejoindre l'intercommunalité des "Vallées et châteaux" car cela a influencé le Préfet qui a renoncé à englober ces communes rurales dans le Grand Melun. 

Les 31 communes ont décidé comme première priorité, de maintenir les services existants

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L'intercommunalité dispose d'une revue "Le MAG" Il est possible de s'en procurer un exemplaire en Mairie. Sur la page de couverture se trouvent les noms des 31 communes membres.

Chaque intercommunalité a des compétences oblicatoires

Développement économique, zones d'activités, 

Soutien aux activités commerciales,

Promotion du tourisme.

Aménagement de l'espace, accueil des gens du voyage, ordures ménagères.

Puis elle décide de ses compétences optionnelles 

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Et aussi de compétences supplémentaires spécifiques à l'intercom: 

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La carte des projets montre la zone géographique concernée par l'intercom

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À Bombon un projet de sécurisation de l'espace public pour les piétons et les usagers serait bienvenu.

06 janvier 2017

TROISIÈME CROSS DES SAPINS ET LEUR RAMASSAGE LE SAMEDI 14 JANVIER

Sortez vos sapins, la veille sur le trottoir, 

Prenez le départ du cross à 14h30 au stade: trois circuits adaptés aux enfants et aux adultes,

Vivez la convivialité Bombonnaise: Vin et chocolat chaud, gourmandises que vous soyez participants ou non au cross.

Assistez à l'embrasement des sapins à 16h00

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BONNE JOURNÉE DES SAPINS 2017 À TOUS LES BOMBONNAIS

 

30 décembre 2016

UN ARTICLE QU'AUCUN BOMBONNAIS NE DOIT MANQUER

Le Monde.fr   un article du journaliste Marc Guéniat qui enquête à Bombon

Un château, héritage d’Houphouët-Boigny, sème la zizanie dans un village français

La veuve du premier président ivoirien s’estime spoliée de la succession. Sa lutte divise le petit village de Bombon, où le « Vieux » avait acquis un château du XVIIe siècle.

30.12.2016 à 14:17

On pourra acheter "Le Monde- Afrique" ou rechercher l'article par le lien : Zizanie autour du château

Qu'en retiendront les Bombonais ? La propriété de la SCI Domaine du Chateau appartient à la famille Grunitzky, qui sont les descendants du 2e Président du Togo, Nicolas Grunitzky. La Présidente de l'Association qui garde la mémoire du Président est sa fille Isabelle. C'est à Isabelle que quelques semaines avant sa mort (7 décembre 1993) le président Houphouet Boigny "revendit" le château de Bombon. Le co-gérant de la SCI du château est son frère Jacques Grunitzky. Cette SCI a été créée en septembre 1993.

MT-Brou

Mais la veuve d'Houphouet Boigny (sa 2e épouse depuis 1952) conteste cette "vente" au motif qu'elle s'est réalisée sans qu'elle soit consultée. Marie-Thérèse Brou a en 2013 porté plainte à la justice et demande son annulation. En effet selon elle, son mari aurait dû lui verser 10 millions de francs de 1993, soit la moitié de la transaction. Il est vrai que son Président de mari avait acheté le château de Bombon en avril 1985 en déclarant qu'il était marié avec elle sous le régime de la communauté et qu'aucun document ne légalise leur séparation entre l'achat en 1985 et la vente en 1993.

Il s'en suit que le Tribunal de Paris devra prendre une décision, mais compte tenu des nombreuses parties intéressées à la succession y compris un ex-notaire parisien et l'Etat Ivoirien, le jugement risque de prendre  beaucoup de temps avant d'être prononcé.

Les Bombonais liront avec intérêt la totalité de l'article de Marc Guéniat sur Le Monde-Afrique d'aujourd'hui 30 décembre 2016. Ils peuvent aussi ajouter des commentaires au bas de la page de ce blog.

L'article cite le maire de Bombon, parle de son prédécesseur, de Marlène Meleck intendante du château depuis 1975 et d'autres témoignages locaux comme celui de Richard Briois.

16 novembre 2016

MARCHE NORDIQUE MENSUELLE - MARCHÉ DE NOËL EN DÉCEMBRE

LE FOYER RURAL DE BOMBON VOUS MET EN MARCHE

Retenez les dates: 20 novembre, 11 décembre, 15 janvier, 26 février, 19 mars, 23 avril (1er tour des présidentielles), 14 mai et 11 juin (premier tour des législatives).

Renseignements et inscriptions jusqu'au 18 novembre auprès de Denis PEYRAT

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MARCHÉ DE NOËL

AVEC L'ATELIER DE LOISIRS CRÉATIFS POUR ENFANTS

ET MARIE-CHARLOTTE BOURGEOIS

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N'OUBLIEZ PAS LA DATE: DIMANCHE 27 NOVEMBRE, 10H-18H, NI LE LIEU, SALLE POLYVALENTE DE LA MAIRIE DE BOMBON


14 mars 2016

PÂQUES AU CHATEAU DE MONTJAY

LA CHASSE AUX OEUFS LE LUNDI DE PÂQUES 28 MARS

Pâques-Montjay-113 LES PETITS GOURMANDS DE 2 À 11 ANS SONT INVITÉS À SE MUNIR D'UN PANIER POUR FAIRE LA CUEILLETTE

le chateau de Montjay en collaboration avec la Mairie de Bombon

Pâques-Montjay-113 Quel beau château avec des propriétaires et des pensionnaires si sympathiques !

Pâques-Montjay-11 S'inscrire en Mairie, sans tarder.

 

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27 février 2016

LA BRIE PAPOTE LES 4 & 5 MARS 2016 À BOMBON

À L'AFFICHE

Bombon-Papote-Mars-2016

FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES FOYERS RURAUX

Ciné-débat, atelier d'écriture, slam, ateliers ludiques, scène ouverte,..

6e Édition

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VENDREDI 4 MARS, 20H30, SALLE POLYVALENTE, 48 RUE GRANDE À BOMBON

PROJECTION DE GOOD MORNING ENGLAND

Carl vient de se faire renvoyer du lycée et sa mère a décidé qu'il irait réfléchir à son avenir, auprès de son parrain Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord, peuplé d'un équipage écclectique de DJ's Rock and roll...

Débat sur les radios libres en présence de Patrick Nivolle de Radio Lez'Art.

Samedi_5_Mars_Bombon 

SAMEDI 5 MARS

14H00 À 16H00 - LANGUE DE BOIS - Chaque jour de nouveaux mots apparaissent dans notre quotidien; au travail, dans les institutions, les services publics... tandis que d'autres disparaissent. Si les mots changent, lesproblèmes eux restent les mêmes. Alors, pourquoi cette invasion de nouveaux mots et de nouveaux concepts. Qui les fabriquent ? Pourquoi et comment les médias contribuent-ils à les véhiculer?

À partir d'un extrait de la conférence gesticulée de Franck Lepage, cet atelier nous invite, avec humour, à une séance de décrassage.

16H15 À 18H00 - JOURNALISTE

À partir d'un sujet d'actualité, nous vous proposons de vous mettre dans la peau d'un journaliste...Animée par le collectif de Bourron-Marlotte.

18H30 À 18H45 - ATELIER D'ÉCRITURE SLAM

Animé par les membres de l'Atelier d'écriture de Tousson et Panoramik Pulse (slam) vous jonglerez avec les mots avec une facilité déconcertante.

À PARTIR DE 20H00 - APÉRO PLACE À L'IMPROVISATION

Échange musical ouvert à tous..Laissez vous transporter par l'improvisation et la spontanéité ! La scène est à vous le temps d'un instant : vous jouez de la guitare, du clavier, de la flûte... et pourquoi pas chanter! Apportez votre instrument!

Repas tiré du sac: apportez votre pizza sur le thème des médias!

Tout au long de la journée, diffusion de courts métrages sur le thème des médias.

18 février 2016

130eRIT EN JUILLET 1916, PRÈS DE BOMBON AU TERRAIN D'AVIATION DE GRANDPUITS ET À LA GARE FERROVIAIRE DE NANGIS

Correspondance sur cartes postales de la région de Nangis d'un poilu de la guerre de 14-18 avec sa famille et ses amis.

Avant de servir son pays à Nangis, Benjamin Cousteils est mobilisé le 1er aout 1914 à Montauban où il a son entreprise. Il est horticulteur et enseigne au Lycée agricole de Moissac en arboriculture fruitière. Il a créé une variété de pèches qui a reçu un prix. Il est incorporé au 132e Régiment territorial, 14e compagnie et se trouve en décembre 1914 à Casteljaloux où il suit une formation de gardien des voies de communication. Son grade est sergent-major. En 1915 il reste Sergent-Major mais passe au 130e Régiment territorial, 10e compagnie à Montfaucon et Marmande. Il arrive avec son régiment à Épinal le 22 avril 1915. Il est en Alsace pour défendre nos frontières (12e Corps d'armée et 89e division d'infanterie territoriale)

Plus d'un an plus tard il se trouve promu et affecté à proximité du terrain d'aviation militaire de Nangis les Loges et de la Gare ferroviaire de Grandpuits-Bailly-Carrois sur la ligne de Paris à Mulhouse.

À Nangis, il choisit des cartes postales de l'éditeur F. Cazabat, pour montrer à sa famille la beauté des sites qui entourent son casernement.

Château de Bois Boudran –  Carrefour de l'entrée principale.– La carte est adressée à sa fille Yette (Henriette) qui prépare un examen.

Ma chère Henriette, Vendredi 14 juillet 1916, 18h30. À l’instant j’arrive du travail. Je m’empresse avant d’aller dîner de te dire que le 17  je serai tout le temps avec toi par la pensée. Je te souhaite le succès complet. Doux gros baisers , Ton père  Benjamin Cousteils.

Chaussee-Villefermoy

Domaine de Bois Boudran – Chaussée du grand étang de Villefermoy – La carte suivante est adressée à Jane Cousteils, sa femme, qui est sage-femme à Montauban.

Vendredi 14 juillet 1916, 21 h

Ma chérie. Un tout petit mot avant d’aller me coucher. Journée mouvementée pour un 14 juillet. 72000 mètres carrés de grillage à charger. Repos demain matin. J’ai commandé tous mes services pour rester couché jusqu’à 8h s’il n’y a rien de nouveau. Ma fanfare, 1 tambour et 3 clairons a reveillé ce matin les habitants. Sitôt terminé je me suis sauvé pour éviter les trognons de choux. Les hommes ont bien travaillé, mais aussi ont été bien soignés: 1 plat au jambon, une bouteille de champagne à 4, 3 biscuits et un cigare à 0f,10c. C’était la noce ! On a de bonnes nouvelles du front anglais.  Beaucoup de grosses bises  Ton aimé Benjamin Cousteils

Villefermoy-bords-étangs

Villefermoy – Bord des étangs –

À sa femme, Dimanche 16 juillet 1916, 21h

Ma Jane Chérie,  Reçu aujourd’hui deux lettres n°86 et n°87 des 13 et 14. Avons travaillé  tout aujourd’hui, et ma foi ce soir, je suis un peu fatigué. Je n’ai pas eu le temps de me changer. J’espère toujours que les permissions arriveront demain, et qu’après demain je pourrai me mettre en route. Je prendrai à Orsay le 1er train du soir. Je n’ai pu consulter un indicateur. J’ai eu aujourd’hui une longue lettre de Massip. Encore trois jours à patienter. Grosses caresses. Ton Benjamin Cousteils

Benjamin a eu probablement une permission, quand est-il revenu au camp ? En tout cas il est de retour avant la fin du mois.

Nangis, vendredi 28 juillet 1916 –Au retour de permission

Ma Jane chérie, Me voilà revenu pour la 3e fois à mon poste. Combien de fois encore faudra-t-il se séparer ? J'ai fait un bon voyage, nullement fatigué; on est infiniement mieux que dans les trains de permissionnaires. Arrivé à la gare de l’Est à 10 heures. J’ai déjeuné et j'ai pris la ligne de Troyes à 12h50. Je viens de mettre de l’ordre à mon paquetage, car j’avais tout emballé et demain matin je serai prêt à prendre mon service à 5h15.  Si j’avais voulu aller voir Clément (un cousin établi à Paris), je n’aurai pu rentrer qu’à 10 h. Je trouvai que c’était un peu tard. Il n’y a pas eu grand chose à faire, parait-il. Si celà continuait je verrais de demander une permission de la journée et irais passer une visite chez lui. (nous n'avons pas la suite du texte)

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Château de Champbrûlé - Ce château appartient à la famille Hottinguer, banquier qui finança la construction de la ligne de chemin de fer de l'Est.

Dimanche 30 juillet 21h

Ma Jane chérie, Un mot avant d’aller me coucher. J'ai reçu aujourd’hui ta lettre, ainsi que celle de Yette (Henriette). Je travaille aujourd’hui avec une section. Chargé seulement un wagon, puis repos. Sitôt déjeuné je suis parti avec Favre, mon collègue Poupleou, Lafleur et Garrigues comme conducteur avec un de nos beaux chevaux et une belle voiture capotée que l’on nous a prêtée, à la cueillette de champignons. De retour 7 heures avec un grand pannier de cèpes, sitôt arrivés, sitôt je me couche au galop, car demain matin à 5h,.. à l’oeuvre pour les faire cuire; qu’ils étaient bons ! Il y en a encore pour demain. Je me couche au galop, car demain à 5heures rassemblement. J’ai six wagons à faire avant de déjeuner. Parfait le geste des instituteurs et professeurs, ils se sont considérés touchés comme les élèves tombés au B.E. Mais tout de même Auch détient le record des records. Il fait un temps délicieux. Mon avion est parti à 11 heures ce jour. La photo de celui ayant atteri avant moi, départ en permission. J’y suis photographié. Essaie de m’y trouver.  Je t’embrasse comme je t’aime. Tu sais combien! Ton Benjamin Cousteils

benja-Nangis-30juillet-1916 Il s'agit probablement d'un biplan bimoteur Caudron 4. On constate une avarie sur une pale d'hélice. À droite sur un cheval, probablement le chef de corps du 130e RIT. Un sous-officier mécanicien est perché. Benjamin se trouve en avant du prêtre en soutane.

La correspondance se poursuit le lendemain:

Chateau-des-Moyeux-1916

Chateau de Moyeux-  Edition Breger frères.

Mardi 1er aout 1916, 18h

Ma Jane chérie, J'arrive à l'instant de l'exercice et avant de dîner t'adresser .... afin que tous les jours tu aies des nouvelles. Deux ans aujourd'hui ! J'étais à mon poste de la ferme de Lestrade. Deux ans !!! Quel bout à notre âge et dire qu'il faudra encore en consacrer très probablement une autre.

Certes je ne me plains pas, n'ayant pas le droit de me considérer comme un malheureux, n'ayant jamais souffert que de la séparation. Enfin patience, ma Jane chérie !

Il fait toujours très beau et chaud, je suis bien aise d'avoir mon costumier .... Et toi, ne souffres-tu pas trop de cette chaleur qui t'éprouve tant. Je n'ai pas eu de lettre aujourd'hui. L'artillerie doit faire rage car avec le vent du nord dominant on entend le canon gronder d'une façon incessante. J'ai hâte d'être à demain pour avoir le plaisir de te lire. Beaucoup, beaucoup de baisers de toi. Benjamin Cousteils

Champbrulé-mare 

Château de Champbrûlé -

Jeudi 3 aout 1916, 6h

Ma Jane chérie, Je rentre à l'instant de l'exercice. Je t'adresse un petit mot avant d'aller dîner. Je me suis puni, je me suis mis à la diète, je ne me suis permis que de l'eau. Je vais prendre un peu de bouillon, manger un oeuf et une tasse de camomille pour noyer le tout. Ce matin, j'enviais l'oncle Marcoussis, qui ne peut avoir mal aux cheveux. Je técrirais longuement demain. Les libations obligatoires d'hui au soir ont trop alourdi mon cerveau.

... les grosses caresses de ton Benjamin Cousteils

Armee-Benja-2 Correspondance des Armées de la République - Cdt Fournès, 130e Territorial, Etat Major 3e Bataillon au Sous/Lieutenant Cousteils, 10e Cie - Nangis - Ce 4 Aout 1916. 

Mon cher camarade, Recevez à l'occasion de votre nomination au grade de sous-lieutenant à titre définitif, ses plus amicales félicitations et l'expression des regrets bien vifs que j'éprouve en me séparant d'un collaborateur aussi sympathique et aussi dévoué. Bien à vous Fournier.

Samedi 18h45

Ma Jane chérie,(dix minutes avant d'aller à la soupe). J'ai reçu deux lettres, aujourd'hui 5 et 6 des 2 et 3 aout. Parfait la détermination de Yette. Le souci pécuniaire que tu pouvais avoir et que tu .. disparait puisque ma situation s'est avantageusement transformée... La chaleur est moins forte aujourd'hui, bien qu'il n'ait pas plu d'aujourd'hui. J'ai fait ce matin 2h et demi de cheval sur une bête très grande... il me faut un escalier pour pouvoir mettre le pied dans l'étrier. La bête est très douce, presque un cheval de bois. Henriette est-elle contente d'aller à Saint-Martial ? Tu présenteras à l'occasion mes voeux à la famille Garrigues, pour le rétablissement du jeune Falix. Souvenirs à Albert, je ne le savais pas à Montauban. Bien des choses à toute la maisonnée. Les grosses bises à toi  ma Jane chérie. Ton Benjamin Cousteils

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La chapelle Rablais - Les Moyeux, Pavillon du jardinier

Sous-lieutenant-Benjamin-Cousteils

Le 7 aout 1916, 21h

Ma Jane chérie, Un mot avant d'aller me coucher, ce qui me tarde. Je suis debout depuis ce matin 3h à cause du départ du détachement, ce qui fait la journée un peu longue. Je m'en étais donné et de plus je suis encore courbatu de la séance d'équitation. Tout aujourd'hui j'ai eu à réorganiser le restant de la Cie. Monsieur Calabès a le bonheur d'avoir sa femme depuis samedi et ma foi il est comme de juste un peu à elle. J'ai bien reçu aujourd'hui tes deux lettres des 4 et 5, N°7 et 8.

Tu ne t'étais pas douté, pas plus que moi du reste, que lors de ma permission, j'étais promu. Ma promotion date du 5 juillet. J'ai fait demander l'Officiel à la Mairie aujourd'hui même et j'ai pu voir que c'était à la date du 5 Juillet. J'ai reçu ce matin une carte du Cdt Fournès. Je lui ai écrit  ce matin. Je ne sais toujours rien de mon affectation. L'officiel porte du 136e territorial. Je te laisse ma chérie, et vais me reposer, s'il n'y a rien de nouveau je reste couché jusqu'à 6 heures. Bien des choses à tous et de grosses caresses par la pensée à ma Jane chérie. Benjamin Cousteils.

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Chateau Bois Boudran - Grille d'honneur

Ce 11 aout 1916

Ma Jane chérie, Sans lettre aujourd’hui ! Occupée sans doute tu n’as pu être à moi. J’espère en demain. Toujours meme situation. Non définie pour moi. Tout laisse supposer qu’il en serait comme je t’ai dit. Depuis dimanche, rien déchargé ni chargé; on attend quelques wagons qui ne viennent pas.

J'ai fait 4 heures de cheval ce matin. Itinéraire: Villeneuve les Bordes,  château de Curoy, la Chapelle Rabelais et retour. Ne t’inquiète pas à ce sujet, si je vois que cela me fatigue je l’abandonnerai. Je me suis mis d’accord avec l’off. de détail. Qui m’a envoyé 170f de plus. T’enverrai mandat poste demain. Pour aujourd(hui tu n’auras que des bises et combine grosses ! Ne m’oublie pas auprès de la maisonnée Ton B Cousteils.

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Nangis, Place du commerce

Cent ans plus tard, la place s'appelle Dupont-Perrot, elle est devenue un parking automobile. Les anciennes halles à droite ont été remplacées par la Poste et d'autres halles construites plus à droite.

Place_Dupont_Perrot28 Cependant les jours de marché, les véhicules laissent leurs places aux commerces

Samedi 12 aout 1916 21h

Ma Jane chérie, Un mot avant d'aller au lit. J'ai eu du travail aujourd'hui (7h15 - 19h 15). J'étais encore à la gare à faire grouiller mes poilus; peutêtre demain aurons nous repos si rien n'arrive. J'ai bien reçu tes deux lettres, 9 et 10, ainsi que celle de Yette. J'ai fait prendre un mandat lettre par le vaguemestre, mais je n'ai pu le voir ce soir; j'ai été trop occupé. Je n'avais aujourd'hui ni sergent, ni adjudant. Je mettrais le mandat dans ma lettre de demain. Ce soir je ne puis y mettre que de bien gros baisers pour ma chérie. Ton Benjamin Cousteils.

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Étang de Villefermoy Plages des baigneurs

Lundi 14 aout 1916, 21h

Ma jane chérie, Un mot avant d’aller me coucher. J'ai eçu ce matin ta lettre du 11 n°14, que le vaguemestre m’a apporté au parc. Cet après midi il n’y avait rien à faire, aussi à 2 heures je suis parti avec mon ami Pougleau, adjudant , faire une partie de pêche à l’écluse de l’étang ci-contre. Sommes rentrés à 7h20 avec  au moins 5 livres de perches et de gardons qui nous serviront de déjeuner demain matin. C’est donc te dire que nous avons passé une après midi délicieuse. Técrirai une longue lettre demain. Embrasse la maisonnée pour moi. Grosses caresses de ton Benjamin Cousteils.

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Chateau de Bois-Boudran

Mercredi soir 16 aout 1916, 22h

Ma Jane chérie, 

Je viens d’écrire à Henriette. Je ne sais si elle te montrera la lettre, je crains que non. Elle contient des reproches et alors… J’ai reçu ce matin sa lettre du 12 avec une photo, mais rien de toi ma chérie; j’avais eu deux lettres hier. On travaille dur de ce moment-ci. Je ne quitte pas le parc de 6h du matin à 7h du soir.  Le temps n’est pas trop chaud, présentement il pleut. Et demain, le plaisir de te lire. Je te laisse en t’embrassant de tout mon coeur. Ton Benjamin Cousteils

Samedi soir 21h 30 (19 aout)

Ma Jane chérie,

J’ai ta lettre du 17 n°20. Ravi d’apprendre qu’Henriette fasse un effort personnel. Je ne m’inquiete pas tout à fait car tu la surveilleras pour voir si cela ne la fatigue pas trop.  Je crois avoir déjà dit avoir reçu la photo en question. J’ai eu aussi un mot de Mme Roquelaure ; lui répondrai lorsque nous serons revenus à la normale. Je suis un peu fatigué ce soir et vais trouver le lit bien bon. Demain debout à 5h.

Les hommes sont très bien à Valentigney et n’ont presque rien à faire pour le moment. Ça différe avec Nangis pour le moment. S’il n’y a pas d’av  mardi tout se calmera. Du reste les hommes n'y tiendraient pas. Il faut du doigté et de la poigne pour obtenir ce rendement. Merci d'avoir prévu les melons. Bonsoir et grosses bises. Ton Benjamin Cousteils

Dimanche 21h30

Ma Jane chérie,

Reçu ta lettre du 18.8 n°21

Notre poussée touche à sa fin. Demain à midi tout sera prêt à partir et je crois que nos poilus auront l’après midi un repos bien mérité. J’écris un mot à Henriette et lui envoie un petit billet pou l’encourager et faire diversion. Je suis un peu fatigué seulement; pas trop tout de même. Mme Calabes est partie ce matin. Tant mieux qu’il y ait des patates à Beausoleil. Tu ne me dis pas combien, ni si elles sont belles.

Lundi 21 aout 1916

Ma chérie,

Avons terminé notre chargement. Demain repos. Reçu les melons et une paire de chaussettes. On a entamé le melon qui commençait à s’ouvrir; il etait supérieurement délicieux.

Merci au nom de tout le monde, meme du commissionaire qui m’a dit que je lui en avais donné deux.. Je ferai le “fashionable” avec les chaussettes. J’ai commandé ma tenue et une paire de chaussures. Je ne sais toujours rien au sujet de mon affectation.. Le Cdt va venir nous voir un de ces jours.

Mercredi 23 aout 1916

Ma Jane chérie,

La poste m’a fait faux bon.aujourd’hui pas de lettre de personne. Avons repris le travail normal. Nous allons avoir je crois une période de calme jusqu’à la fin du mois.

Mes coliques ont disparu et je suis tout à fait bien. J’avais oublié de te dire qu’il y a quelques jours je suis arrive tout seul à arracher ma dent, la canine qui branlait et qui finissait par m’agasser. A demain la joie de te lire. Embrasse ta mere pour moi et garde pour toi les meilleures bises de ton Benjamin Cousteils

Jeudi 24 aout 1916,

Ma Jane chérie,

Avalanche de lettres aujourd’hui. Ce matin la lettre de ta mère au courier de 8h et à 1h ta lettre  et en plus une lettre d’Henriette !

Suis allé cet après midi en excursion à bicyclette avec l’ami Pougleau. Avons rapporté une musette pleine de girolles. On a beaucoup causé ce soir jusqu’à 9h (21h du moins).

Demain je suis de jour et il y a du materiel qui arrive. Je te demande la permission d’aller au lit. J’écrirai demain plus longuement.

Remercie et embrasse ta mère pour moi. Grosses caresses à ma Jane de son Benjamin Cousteils

Samedi 26 aout 1916

Ma Jane chérie,

J’ai eu ce matin deux lettres de toi 23 et 24 aout. N’ai pas fait ressemeler mes bottines. Ces temps derniers tout le monde travaillait à la gare, voire même le cordonnier. Je vais le lui faire faire cette semaine, lorsqu’il aura avancé les réparations aux chaussures des hommes. J’ai étrenné les chaussettes ce matin, elles sont épatantes. Je crois bien que si j’avais eu le Bonheur de partager ta solitude, c’est moi qui t’aurait certainement fait les plus grosses caresses. Mais hélas il n’en est rien!

Je reçois à l’instant un mot de Clément qui m’annonce sa visite pour demain au train de 11h24.  De pied ferme j’attends la lettre de M. Demarty et souhaite à Mme Demarty une heureuse délivrance, si ce  n’est fait. Si tu vois Mr Gautier, rappelle moi à son bon souvenir. Je te couvre de baisers. Ton Benjamin Cousteils

Dimanche 27 aout 1916

Ma Jane chérie,

Clément est arrivé au train de 11h24. Nous avons passé toute la journée ensemble. Il vient de repartir par le train de 22h14, qui n'est passé à Nangis qu'à 22h30. Je le plaignais de le voir partir, car surement à Paris, il n'aura trouvé aucune véhicule pour se faire conduire de la Gare de l'Est à l'abvenue Marceau. Il était obligé de rentrer. Sa femme est à Huirson en Champagne et il leur fallait ouvrir la boutique. Clément y était ces jours derniers et y a laissé sa femme qui doit renrer sous peu à Paris. Ils reviendront tous les deux me voir si je suis encore là. Je n'ai pas eu de lettre hier. Je t'embrasse aussi fort que je t'aime. Ton Benjamin Cousteils..

Son ami Calabès lui écrit, alors qu'il n'est plus à Nangis.

19 septembre 1916

Mon cher Cousteils, J'arrive de permisssion. Pougleou m'a donné connaissance de la lettre que vous lui avez adressé. Vos chaussures ont été expédiées le 5 septembre à l'adresse: Mr Cousteils, Sous-Lieutenant au 46e Territorial, 5e Cie Secteur Postal n°3. Je joins à ma carte le reçu de la somme pour l'expédition. Je pense que vous ne tarderez pas à les recevoir. Nous avons reçu un Adjudant venant du dépôt nommé Julien Lucien, employé de communication à Toulouse chez Dubonnet. Il dit vous connaitre étant originanire de Montauban. Rien d'extraordinaire si ce n'est les averses et pluies très fréquentes. Les vignes sont très belles dans le Bordelais. Bien à vous Calabès.

28 septembre 1916

Mon cher Cousteils. J'ai reçu votre charmante lettre et son contenu, la somme que vous m'avez envoyé. Je suis très content que vous ayez reçu vos bottines. Cela me donnait déja mal à penser. Rien de très important ici, si ce n'est mon opération dentaire que je viens de supporter qui m'a tenu 1h 1/2 sur un fauteuil qui est loin d'être un présidentiel. Je suis encore mort de faiblesse, mais aucune douleur. Suis allé en permission six jours. Toujours trop court. Au revoir. Calabès.

Benjamin est ensuite affecté au 46e territorial dont le 1er Bataillon effectue des Travaux en gares de Givry en Argonne, Somme-Tourbe, Connantre, Troyes, Linthes. Il reviendra dans son foyer la guerre terminée.

08 février 2016

FRB-FOYER RURAL DE BOMBON EN 2016

LE FOYER RURAL DE BOMBON PROPOSE SES MANIFESTATIONS ET ACTIVITÉS DU 1er SEMESTRE 2016

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Ateliers de loisirs créatifs pour enfants à partir de 8 ans de 10h à 12h. Salle B, Mairie de Bombon: Samedi 13 février, Album photos; Samedi 12 mars, Pâques; Samedi 9 avril, Fête des Mères; Samedi 14 mai, Fête des pères; Samedi 11 juin, panier surprise,..

Atelier d'art floral, un jeudi par mois de 19h à 20h30 dans la salle polyvalents de la mairie: Jeudi 18 février; Jeusi 17 mars; Jeudi 16 avril , Jeui 26 mai

Samedi 13 février 20h CINÉ'AMBUL. Film Night cail de Dan Gilroy (2014)

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d'images choc qu'il vend à prix d'or aux chaines de Tv locales. La course au spectaculaire n'aura aucune limite.

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Avertissement: des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Samedi 20 février 16h Thé à la page à la Bibliothèque

Samedi 27 février de 9h30 à 17h - Stage de peinture sur soie, technique à la cire, à partir de 14 ans.

Mardi 1er mars à 20h30 Espace multiculturel, Moisenay. The Truman Show (1998). Truman Burbank vit paisiblement. Marié à Meryl, infirmière, il vit dans la ville paradisiaque de Seaheaven, remplie de gens sympathiques et de jardins bien entretenus. Néanmoins Truman a envie de voyages à l'étranger, de découvrir de nouvelles choses, et surtout de retrouver une fille, Sylvia, dont le regard l'a envouté dans sa jeunesse.

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 Cependant, tout semble contraindre Truman à rester dans la ville. Tarif: 4 euros la séance, gratuit pour les moins de 16 ans.

Samedi 5 mars, La Brie papoite 2016: Pardon médias ! manifestation à partir de 14 heures; film Good morning, England de Richard Curtis

Samedi 13 mars, à partir de 10heures et fusqu'à 17 heures: Troc et puces des loisirs créatifs- Salle plyvalente de la Mairie de Bombon.

Dimanche 3 avril, à partir de 12 heures. Grand pique-nique sur la place du village. Photo des habitants, jeux, etc...(reporté au 10 avril en cas d'intempéries)

Samedi 23 avril de 9h30 à 17 heures: Stage de peinture sur soie - Technique de la cire, à partir de 14 ans

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Dimanche 1er mai, toute la journée: Vide-grenier autour de la place de l'Église et dans la cour de l'école

Samedi 21 mai toute la journée: Randonnée pour tous

Dimanche 22 mai, matin, stage de Yoga.

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Pour toutes les activités une adhésion au Foyer Rural de Bombon est obligatoire: 1ère personne: 13 euros; à partir de la 2ème personne de la même famille: 10 euros: enfant né à partir du 1er janvier 2005: 6 euros.

30 janvier 2016

LES SOLDATS DE BOMBON TUÉS EN 1916

CINQ SOLDATS DE BOMBON SONT MORTS POUR LA FRANCE ENTRE LE 15 JUILLET ET LE 8 SEPTEMBRE 1916

SEULS QUATRE D'ENTRE EUX ONT LEUR NOM SUR LE MONUMENT AUX MORTS DE BOMBON: IL FAUDRAIT RAJOUTER HENRI SIMÉON

ILS ONT TOUS COMBATTU POUR DÉFENDRE VERDUN, TROIS Y SONT MORTS, SEULS DEUX D'ENTRE EUX SONT TUÉS AU DÉBUT DE LA BATAILLE DE LA SOMME  

Lucien (Théophile) MINOT né le 14 avril 1887 à Limon (Nièvre), Soldat de 2e Classe au 3e Régiment de Marche de Zouaves, mort pour la France le 15 juillet 1916, sus à l'ennemi au combat de Verdun (Meuse). Garçon vacher venu conduire des vaches nivernaises comme Charles D. il s'était établi à Bombon. Inhumé à Douaumont, nécropole nationale, tombe n°J 9209.

Le début de l'année 1916 avec le 3e Zouaves à Verdun

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Le 3e Zouave stationnait dans la région de Dunkerque en décembre 1915. Il a passé trois mois au calme pour se reconstituer et s’entraîner. Il s’ébranle le 7 janvier 1916 avec toute la 37e division pour rejoindre le VIIe Corps dans la région de Bar-le-Duc.  Il a sa base dans les villages de Robert-Espagne, Trémont et Beney. Puis le 3e Zouaves va s’entraîner au Camp de Mailly. Il quitte ce camp en raison d’une alerte le 11 février.  Le Haut commandement s’attend à une attaque massive des allemands sur Verdun. Le 3eZouaves regagne sa base et trois jours après, le régiment est transporté en camions prés de Souilly.

Son itinéraire ensuite passe par Issoncourt, puis Ippecourt qu’il occupe. Le chroniqueur officiel du régiment raconte la suite.... Le 21 février au matin une violente cannonade se fait entendre. Le téléphone transmet l’ordre d’alerte; il n’y a cependant pas à bouger encore. Le lendemain nouvelle canonnade, nouvelle alerte, Le régiment se porte sur Ansemont où il reçoit quelques obus destinés au Pont de la Meuse. Le 23 dans la matinée, il s’achemine sur Fleury devant Douaumont.

Après une nuit passée au bivouac, que la rigueur d’un froid de quinze degrés rend extrèmement pénible, le Colonel Philippe reçoit l’ordre de porter le régiment dans le ravin au sud-est de Louvemont pour être en mesure d’agir, soit en direction de Bois-le-Chaume, soit en direction de la Croupe 344. Successivement les bataillons par les Ravins des Vignes et la rive gauche de la Meuse se dirigent sur le village de Bras en formation largement ouverte.

En cours de route, des renseignements sont fournis par les blessés venus de l’avant: “Le village de Samogneus, est disent-ils tombé aux mains des allemands; celui de Louvemont aurait été evacué par les français.” Sans se laisser émouvoir par ces nouvelles alarmantes, le régiment poursuit sa route comme à la manoeuvre et atteint le ravin de Heurias où il s’établit en position d’attente.

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Confirmation officielle est donnée au Colonel Philippe, le chef de corps du 3e Zouaves de la progression alarmante des allemands qu’il faut arrêter coûte que coûte avec ses trois bataillons (1,5,11). Le 11e bataillon qui avait pris la tête , reçoit l’ordre de prendre position sur la Côte du poivre. Le 5e bataillon sur les hauteurs à l’Est, de la route de Louvemont que tient toujours un régiment de Tirailleurs.

Le 1er Bataillon tout d’abord en réserve, allait être employé en partie le lendemain, pour renforcer le 5e bataillon. Les deux bataillons de tête vont aussitôt prendre leurs emplacements et gravissent, dans un ordre parfait, les pentes abruptes dominant le ravin.

A leur débouché sur la crête, ils sont salués par un bombardement  d’une violence inouïe.  Les obus de 210, en crevant la croute de terre gelée, font retomber sur les hommes, en même temps que leurs éclats, d’énormes mottes de terre durcie, soulevées par des explosions.

Au retour d’une reconnaissance, et tandis qu’il disposait ses compagnies au Nord de la Côte 342, le Commandant Mondielli, Chef du 11e bataillon est atteint d’un éclat d’obus et transporté à l’arrière.

En dépit du bombardement que la nuit seule ralentit un peu, le 3e Zouaves se met à l’oeuvre pour organiser ses positions. Les hommes travaillent avec tant d’ardeur, que malgré la température glaciale, ils souffrent d’une soif cruelle, qu’ils apaisent en absorbant de la neige. Au moyen d’outils portatifs on approfondit les tranchées existantes. Et on en creuse de nouvelles; ainsi se passe la nuit.

Le 25 à 7 heures des coups de fusils signalent l’arrivée de l’ennemi. Dans le ravin de Vacherauville, à l’Ouest de Louvemont, le bombardement de plus en plus intense, atteint une violence qui n’avait jamais été constatée encore.  À 14 heures, le tir de l’artilerie s’allonge et l’ennemi se porte à l’assaut. Enhardi par les succès des jours précédents, il croit pouvoir en finir avec nous. Cette dernière résistance vaincue, Verdun est à lui; mais de notre côté nous veillons.

Ce n’est pas seulement une position importante qu’il s’agit de défendre. Chacun a compris que Verdun symbolise la résistance française; coûte que coûte il ne faut pas que l’ennemi passe et il ne passera pas. Le canon qui tonne depuis trente heures n’ébranlera pas la fermeté des défenseurs, on pourra mourir s’il le faut; on ne reculera pas.

Les vagues ennemies s’avanceront nombreuses et serrées, mais accueillies par le feu des fusils et des mitrailleuses, saisies d’une sorte de panique, elles reculent, et, après avoir subi des pertes importantes, refluent en désordre jusqu’au fond du ravin.

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Un peloton du 3e Zouaves équipé pour le combat.

L’insuccès de cette première tentative ne décourage pas les allemands; l’enjeu est si beau, l’objectif paraît si rapproché !

Après un nouveau bombardement, ils prononcent une nouvelle attaque aussi violente que la précédente. Sur certains points, les ennemis parviennent près de nos tranchées, mais, comme la première fois, ils sont refoulés et subissent des pertes encore plus sensibles. À plusieurs reprises, l’ennemi tente de déboucher du village de Louvemont et des crêtes situées à l’Est.

Sous le choc de ces assauts incessants, des actes d’héroïsme se multipliient qui méritent d'être cités. C’est ainsi que les allemands ayant réussi à pousser en avant plusieurs mitrailleuses, le zouave mitrailleur Dufau n’hésite pas: Il braque sa pièce sur celles de l’ennemi et engage avec elles un duel hélas ! trop inégal. Bientôt une balle l’atteint en pleine poitrine, mais en tombant Dufau s’écrie: “ Ça va bien, c’est pour la France”.

Plus loin un autre mitrailleur regarde navré sa pièce impuissante dans un moment aussi critique; un obus vient d’en briser le trépied. Mais son aide a une idée toute simple; il s’accroupit et fait placer sur ses épaules la pièce qui recommence à semmer dans les rangs ennemis, la panique et la mort.

À la tombée de la nuit nous conservons toutes les positions que nous occupions la veille.

Cependant l’ordre de repli arrive. La nouvelle est si inattendue que, croyant à une erreur, les chefs de bataillon demandent une confirmation écrite de cet ordre. Les prescriptions sont formelles; il faut obéir.

Le décrochage s’opère sous la protection de quelques éléments qui rejoignent le lendemain matin  le régiment rassemblé à Belleville.

Impressionnés par l’attitude décidée des défenseurs de la Côte du Poivre, les allemands n’osèrent pas renouveller leurs attaques.

Aussi , le Général commandant le 30e Corps d’armée rendit en ces termes hommage à la solidité du régiment dans la journée du 23 février;  “Le 3e Zouaves a écrit ce jour là, la plus belle page de son histoire. S’il ne s’était trouvé pour arrêter l’ennemi, la ligne française était enfoncée et Verdun était pris".

Puis le régiment passé par plusieurs villages sans avoir à combattre: Belleville, puis de Rumont, puis  Chatenois du 6 au 9 mars, puis Méricourt, Savigny, Villers-sur-Moselle et le 12 avril il est embarqué à Bayon, passe à Ligny-en-Barois et prend la direction de Verdun.

Pendant deux mois et demi, le 3e Zouaves va garder le secteur d’Avocourt, passant alternativement une dizaine de jours en ligne et une dizaine de jours en réserve, soit à Brabant, soit à Récicourt. La tâche est rude; le Bois Carré, l’ouvrage des Rieux, viennent d’être reconquis et il s’agit de les organiser. Les tranchées rares et à peine ébauchées n’offrent qu’une protection insuffisante contre une artillerie ennemie très active. Sous les bombardements ininterrompus, le travail est incessant; le temps se déclare contre nous. Les pluies fréquentes détrempent le sol défoncé par les projectiles;  les tranchées s’effondrent et l’on vit dans la boue, dans l’horrible boue de Verdun.

Des deux côtés on cherche à s’approcher pour mieux s’observer et bientôt en certains points, les petits postes sont à peine à dix mètres les uns des autres. Cette proximité impose la lutte à la grenade; c’est à qui en jettera le plus pour neutraliser et démoraliser son adversaire. De temps en temps, la torpille vient mêler sa note brutale à ce concert assourdissant.

Malgré ces difficultés, tranchées, boyaux, abris se creusent, souvent transformés en entonnoirs par l’éclatement des obus. L’adversaire voit des réseaux de fil de fer et des chevaux de frises se dresser inopinément devant lui.

Exposés à toutes les intempéries, nos soldats doivent, au prix d’efforts surhumains, reprendre continuellement un travail qui ne s’achève jamais. Les relèves et le ravitaillement s’opèrent avec les plus grandes difficultés. Accablés par les obus qui pleuvent, aveuglés par la flamme de nos pièces d’artillerie, ils doivent parcourir rapidement les pistes gluantes de la forêt de Hesse. En certaines de ces parties, les cuisines roulantes elles-mêmes, doivent y être lancées au gallop.

Toutes les tentatives de l’ennemi sont déjouées; par contre le 12 mai, le régiment réussit un coup de main qui nous livre des prisonniers.

Mais nos forces diminuent. Nos pertes sont élevées, la relève est décidée. Le 344e RI arrive dans la nuit du 1er au 2 juillet. Le 3e Zouaves descend des lignes et se rend par autos à Stainville-Mesnil-Sur-Saulx, où les circonstances ne lui permettront qu’un repos de courte durée.

Les allemands, en effet, réalisent depuis quelques jours sur le rive droite de la Meuse et dans la direction de Verdun, une progression inquiétante. Thiaumont, Fleury sont tombés. L’ennemi approche de Souville et menace de forcer les derniers retranchements de la citadelle.

Le 12 juillet, dans la matinée, le régiment se voit enlevé en autos et transporté à Verdun où il cantonne.

Le 13 et le 14 sont employés aux préparatifs d’attaque et aux reconnaissances. Celles-ci ne font que confirmer la situation précaire de notre ligne de défense. Entre Souville et la Côte de Froideterre, la position n’est plus gardée que par des groupes peu nombreux de fantassins blottis dans des trous d’obus. La Chapelle-Sainte-Fine et la Poudrière de Fleury sont aux mains de l’ennemi mais, du côté français, on l’ignore encore, tant l’incertitude est grande au sujet de l’étendue de l’avance allemande. Il semble que la forteresse de Verdun soit à la merci du moindre effort.

C’est dans ces tragiques circonstances que la 37e Division, à laquelle appartient le 3e Zouaves, monte en ligne le 14 juillet au soir.

Le 3e Zouaves se dispose à sa place de bataille au Sud de Fleury, entre le Petit Bois et l’Abri des Quatre Cheminées; le 1er Bataillon au pied de la Croupe de Fleury, le 5e Bataillon , à sa gauche en travers du Ravin des Vignes; le 11e Bataillon en soutien, derrière le centre du dispositif. Il a comme objectif la Crête et le Village de Fleury.

Le 15 juillet à 7h55, le régiment se porte à l’attaque, sur un terrain découvert, dominé de tous côtés par des crêtes d’où l’ennemi, invisible, concentre sur nos vagues d’assaut, le tir de ses mitrailleuses.

Sous les rafales meurtrières, l’avance est pénible et bientôt elle est complètement enrayée. Le Chef de Bataillon Adolphe Torlotting blessé mortellement d’une balle au ventre, reste étendu jusqu’au soir sur le terrain sans qu’on puisse lui porter secours. Le capitaine Louis, jeune et énergique officier, qui était parti à l’attaque avec un fusil à la main gisait à ses côtés.

Tué aussi le capitaine Bouquet, engagé comme simple Zouave, à 53 ans, en même temps que ses deux fils, entre lesquells une balle allemande vint le frapper.

Tous les officiers du 1er Bataillon et plus de la moitié des hommes sont hors de combat.  Le Bataillon de gauche (5e) n’est guère moins éprouvé. La situation de ces éléments accrochés au terrain est très critique, car un violent barrage d’artillerie et de mitrailleuses interdit toute communication avec eux.

C’est ce jour là que Louis Théophile Minot de Bombon perd la vie avec un grand nombre de ses compagnons d’armes.

Le Bataillon de réseve (11e) qui veut intervenir, se voit à son tour, bloqué par l’intensité du feu de l’adversaire. Les survivants sont contraints de rester immobiles, le reste de la journée dans des trous d’obus qui n’offrent qu’un abri insuffisant contre le tir fichant de l’adversaire.

Enfin la nuit rend quelque liberté à nos mouvements; vite, on approfondit les trous existants, on les relie entre eux; on organise ainsi sur la position conquise chèrement, des éléments de tranchées.

Le 2e Zouaves, venu dans la nuit pour continuer l’attaque, déclanche sans succès son mouvement. Les deux bataillons du 3e Zouaves, les plus éprouvés, sont relevés au cours des nuits suivantes, tandis que le 11e est maintenu en ligne. Honneur au Bombonais Louis Théophile Minot !

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Albert DELAFOSSE, né le 17 avril 1880 à Bombon, fils de Casimir Anatole et de Clotilde Catherine HERLEN,  Soldat de 2e Classe au 160e Rgt d'Infanterie, Mle 09291, mort pour la France, tué à l'ennemi à Bray-sur-Somme (Somme) le 17 juillet 1916. Il avait sa famille à Paris 18e Arrondissement. Les Delafosse de Bombon étaient marchands ou artisans-maçons. Certains travaillaient dans la maison Porchereau. Son père Casimir Anatole était cocher et son grand père Pierre Cyril Delafosse était régisseur. Photo extraite du mémorial de la Banque de France.

Albert faisait partie des pompiers de Bombon. Il avait fait des études, ce qui lui permit d'entrer à la Banque de France et de vivre à Paris.

Son régiment défend Verdun en février-mars 1916 à Froideterre,  à Louvemont, à la ferme et au ravin de Thiaumont. Puis il est transporté dans la Somme en juin au nord de Suzanne.

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Il participe à la bataille de la Somme: depuis Hardecourt-au-bois dès son déclanchement le 1er juillet. Son régiment fait reculer l'ennemi et capture de nombreux prisonniers dans les premiers jours; mais les allemands se ressaisissent et leur artillerie est très meurtrière. Albert Delafosse sera tué lors de cette riposte le 17 juillet. Les Bombonais rendent hommage à sa mémoire.

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André (Laurent) MUELLER né le 30 janvier 1888 à Paris-9e, Lieutenant au 17e Régiment d'Artillerie de Campagne, Officier de la 7e batterie, Chevalier de la Légion d'Honneur - Ingénieur Arts et Manufactures (Centrale Paris) Promotion 1912, mort pour la France des suites de blessure de guerre, ambulance 12/1, à Cayeux-en-Santerre (Somme) le 21 aout 1916. Né à Paris, il s'était aussi marié à Paris-18e le 27 décembre 1913 à Claire Louise Courbo. Ils eurent une fille Suzanne Mueller qui habitait Bombon rue de St-Mery. La tombe du lieutenant se trouve au cimetière de Bombon, photo ci-contre.

Jusqu’en juin 1916 le 17e RAC avec la 3e DI se trouvait dans le secteur des Hauts de Meuse.

Le chroniqueur du régiment rapporte son parcours à partir du début de l'année 1916.

Deux groupes avaient repris leurs positions du mois d’aout 1915. Le premier se trouvait au Bois Haut lorsque se déclancha l’attaque allemande du 21 février.  Le contre-coup s’en fit aussitôt sentir dans tout le secteur et particulièrement au Bois Haut, où il fallut parer à une extension possible de l’offensive ennemie, tout en faisant face à la Wövre.  Le 1er groupe eut la mission lourde de prêter son appui aux voisins, sans cesser de participer aux tirs de concentration, de répondre aux demandes de l’Infanterie et d’assurer ses barrages.

Déplaçant rapidement ses batteries, il put remplir sa tache. La 2e batterie eut la satisfaction d’arrêter net une attaque allemande qui débouchait des bois de Manheules pour enlever Villers-sous-Bonchamp.

La situation s’améliora d’ailleurs assez rapidement. Le secteur n’en resta pas moins dur du fait de son étendue, des nombreux tirs et des difficultés de ravitaillement.

C’est sans regret que le régiment quitta cette région, à la fin de juin, s’embarquant pour la Somme.

Tous revoyaient avec plaisir ces plaines qui étaient leur région d’origine, avec l’espoir que l’offensive prochaine libérerait les villages envahis.

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 La caserne d'origine du 17e RAC à La Fère

Après trois semaines de repos coupées de quelques exercices de cadres, le 17e RAC reprenait le 13 juillet la route du front et, le 23 , relevait dans la région d’Assevillers-Flocourt, l’artillerie d’une division coloniale arrêtée dans sa progression devant Barleux et Villers-Carbonnel.

Dès l’entrée en ligne les groupes souffrirent du feu. L’artillerie allemande, un moment désorganisée, s’était rétablie sur la rive droite de la Somme et arrosait copieusement les batteries et l’infanterie, leur causant des pertes.

En collaboration avec le 29e RAC, le 17e eut à soutenir l’infanterie, l’appuyant pour les attaques d’aout et de septembre: attaque de Chancelier (1er aout), de Souville (16 aout), tranchée de Tahure (4 septembre).

Le lieutenant Mueller fut blessé grièvement à Souville le 16 aout.  Rapatrié à Cayeux-en-Santerre, il est mort de sa blessure cinq jours plus tard. Honneur à la mémoire de cet officier Bombonais.

Edmond DEVILAINE, né le 12 décembre 1882 à Guignes, Soldat de 2e Classe au 346e Régiment d'Infanterie, mort pour la France, tué à l'ennemi le 8 septembre 1916 au Fort de Vaux à Verdun (Meuse). Son père était manouvrier et sa mère Alexandra était de la famille Lejeune. Son frère Edouard et sa soeur Aimée étaient plus jeunes que lui. Il avait sa famille à Bombon. 

Un autre Bomnonais avait servi dans le même 346e régiment d'infanterie. Émile Perrot avait été tué en septembre 1914.  Au début du mois de septembre 1916, trois Divisions d'Infanterie françaises sont en ligne sur le front de Verdun :
- la 33e D.I. (59e, 83e, 88e et 209e R.I.) tient le secteur de la Côte du Poivre
- plus à l'est, la 73e D.I. (346e, 356e, 367e et 369e R.I.) tient les positions du Retegnebois, du Chênois et de la Laufée
- dans sa continuité, la 28e D.I. (22e, 30e, 99e et 416e R.I.) occupe le font de Discourt et les pieds des Côtes de Meuse et de La Laufée
 

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Le 346e RI, le régiment d'Edmond Devilaine se situe donc vers Retegnebois et La Lausée

Le 4 septembre à 8 h, dans le secteur de Retegnebois, le 214e R.I. qui est soumis à un violent bombardement depuis 5 h du matin, voit les Allemands sortir des tranchées face à lui. Rapidement, la 18e compagnie est submergée et doit reculer. Cependant, les positions ne sont pas dépassées grâce à quelques mitrailleuses restées en place et toujours servies.

Une contre-attaque est ensuite menée avec le renfort du 1er bataillon du 346e R.I. Elle permet de reprendre les anciennes positions qu'occupaient la 18e compagnie et à faire environ 200 prisonniers, de très jeunes soldats.
Un témoin rapporte: " Deux Allemands soutiennent un camarade qui agonise. Une grande amitié devait unir ces trois hommes. Les deux qui sont valides ont les yeux plein de larmes et comme le blessé agonise, l'un d'eux se penche vers lui et l'embrasse longuement. Impressionnés par tant de malheur et en dépit de l'exaspération quelques soldats français s'arrêtent, émus. "

A 13 h 20, la 13e compagnie du 4e bataillon du 346e R.I. attaque en direction de l'ouvrage Rond; 3 lignes de tranchées sont reprises à l'ennemi. En arrière, la 14e compagnie consolide la progression.

Dans la soirée du 4 septembre l'explosion du tunnel de Tavannes fit près de 1000 morts parmis les troupes françaises, anéantis les services médicaux de plusieurs régiments qui s'y étaient installés: des médecins majors et des infirmiers régimentaires des 346e, 367e, 368e et 369e R.I. ainsi que des blessés qui, couchés sur des brancards et se sentant en sécurité, attendaient leur évacuation.  

Le 5 septembre - Préparation d'artillerie en vue d'une contre-attaque française sur la Carrière
Toute la journée et la nuit, il pleut.
Du côté français, on s'affaire aux préparatifs de la contre-attaque de la Carrière. Elle est prévue pour le lendemain et exécutée par le 367e, le 346e R.I. et 2 bataillons du 288e,
Du côté allemand, pas de mouvement important à signaler, les hommes survivent dans les tranchées pleines de boue.

6 septembre - Contre-attaque française sur la Carrière, la Haie-Renard et le Chênois
Au matin, le 288e R.I. s'élance à l'assaut de la tranchée Montbrison. La bataille est très violente et tumultueuse. Les 4e et 5e bataillons parviennent à atteindre leurs objectifs et à les dépasser.
De son côté, le 6e bataillon trouve face à lui des éléments qui n'ont pas été détruit par la préparation d'artillerie. Ne pouvant pratiquement pas progresser, les hommes tombent les uns après les autres. Il ne reste plus qu'un seul officier vivant lorsque les renforts arrivent enfin. Ce sont 3 compagnies du 6e bataillon du 220e R.I. ainsi qu'une compagnie de mitrailleuses qui sont arrivées. Cette nouvelle formation parvient cette fois ci à avancer et atteindre les abords de la tranchée de Montbrison.

Le 6e bataillon du 367e parvient à progresser de 1500 m et à reprendre dans sa course, les tranchées Hohenlohe et Blücher, à gauche de Retegnebois. 200 ennemis sont capturés avec 8 mitrailleuses. Les hommes du 367e R.I. repoussent ensuite plusieurs contre-attaques.

A droite de Retegnebois, le 346e part à l'attaque à 17 h 40 et parvient à atteindre sans grande difficulté tous ses objectifs. Le 5e bataillon les dépasse même et vient renforcer la tranchée Hohenlohe que vient de conquérir le 367e R.I., au nord de l'ouvrage Rond. Le Bombonais Edmond Devilaine participe à cette avancée significative de son régimrent.

Le 8 septembre - La Contre-attaque française sur la Carrière, la Haie-Renard et le Chênois se poursuit.

Dés le levé du jour, l'ennemi lance une attaque en avant de l'ouvrage Rond. Le 346e qui tient la tranchée Hohenlohe depuis le 6 est contraint de reculer sur ses anciennes positions. Une fois les hommes ressaisis et les munitions rassemblées, ils partent à la contre-attaque et reprennent la tranchée. Plus tard dans la journée, la même scène se reproduit, le 346e évacue sa ligne et la reprend peu de temps après sans attendre l'arrivée des renforts qu'on lui a annoncé. C'est dans ces contre-attaques que le Bombonais Devilaine est tué.

Depuis le début de juillet, l'échec de la gigantesque tentative allemande était un fait acquis aux yeux du Monde. Le nom de «Verdun » commençait à s'auréoler de prestige; et lorsque le Gouvernement de la République entendit consacrer la victoire de la France en décorant la ville de la Légion d'honneur, toutes les nations alliées voulurent s'associer à lui et la ville de Verdun reçut aussi des décorations des pays alliés.

La cérémonie eut lieu le 13 septembre, dans une casemate de la citadelle, en présence du président de la République, M. Poincaré, du ministre de la guerre, des cinq généraux à qui revenait l'honneur de la défense : Joffre, Pétain, Nivelle, Mangin et Dubois, et des représentants des puissances combattant à nos côtés: Grande-Bretagne, Russie, Italie, Serbie.

Sous les voûtes inviolées, le Président Poincaré pouvait s'écrier : « Voici les murs où se sont brisées les suprêmes espérances de l'Allemagne Impériale »  Cette victoire, la reprise de Douaumont, le mois suivant, allait l'affirmer de façon éclatante. Plusieurs Bombonais y avaient contribué, certains au prix de leur jeune vie. 

Henri ( Louis) SIMÉON, Caporal Au 98e Régiment d'Infanterie Territoriale est né à Paris le 23 octobre 1875. Déclaré "Mort pour la France", tué à l'ennemi le 4/5 septembre 1916, au Tunnel de Tavannes (Meuse). Il a sa tombe à FLEURY devant DOUAUMONT (Meuse). Nécropole nationale de Douaumont. Tombe n°5242. Il s'était marié le 22 avril 1901 à Bombon à Claire PERROT. 

Pourquoi le nom d'Henri SIMÉON ne se trouve-t-il pas sur le monument aux morts de Bombon ? Mystère ! Ne faudrait-il pas le rajouter ? Il est mort quatre jours avant et dans le même secteur qu'Edmond Devilaine. Dans l'historique de son régiment il figure même avec son grade récent de Sergent gagné au front.

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En juin 1916, le 98e RIT qui se trouvait à Toul et dans les environs est regroupé pour partir vers Verdun.
Il a en gestion le Tunnel de Tavannes, ainsi que le secteur de Souville
Il gère les flux des unités combattantes de leurs approvisionnements et de leurs blessés. C'est une mission harassante et tous les chefs de divisions dont les troupes bénéficiaient de ce service ne manquaient pas de remercier.
Une partie du corps médical devant l'entrée du tunnel avant l'explosion du 4 juillet.

Lettre du général d'ANSELME, commandant la 127e division, à M. le colonel commandant le 98e R. I. T., du 6 juillet 1916 :

« Le général commandant la 127e D. I. adresse ses félicitations aux 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e compagnies du 98e Territorial et aux compagnies du 2e bataillon du 17e Territorial, qui ont travaillé sous ses ordres dans le secteur de Tavannes, du 27 juin au 6 juillet 1916. « Par tous les temps, sous les bombardements les plus violents dans un secteur particulièrement difficile, tous ont accompli leur tâcha quotidienne avec un courage, un dévouement dignes de tous éloges. Ils ont ainsi puissamment et glorieusement contribué à la défense du pays, le général les en remercie.

« Signé : D'ANSELME ».

Le 4 septembre 1916 à 21h15 des caisses de grenades stockées à l'entrée du Tunnel, tombent prennent feu et le transmettent à des réserves de carburants qui explosent en une déflagration extrèmement meurtrière. Un témoin:

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"Un quart d'heure après l'explosion, une vague épaisse de fumée remplit le tunnel jusqu'au delà de la cheminée centrale et gagne rapidement la sortie Est. La nappe de gaz est intense et chargée d'oxyde de carbone. Des centaines de soldats tombent asphyxiés. Il est impossible, même avec des masques et des appareils respiratoires, de pénétrer dans le souterrain pour opérer le sauvetage de la garnison et des services qui s'y trouvent..."

Photo du tunnel effondré sur la voie, après l'explosion.

Le 98e RIT perd dans ce désastre le Chef de Bataillon Napoléon Guilbert, Major du tunnel, son adjudant, son ordonnance, la totalité de la 3e compagnie, et une partie de la deuxième. 
Durant son séjour à Verdun (3 mois) les pertes du régiment s'élèvent à 50 tués, 164 disparus et 716 blessés. Le régiment est réduit à deux bataillons et se replie sur le secteur de Reims.
Le général Mangin va féliciter le 98eRIT et ses morts au moment de son départ.

« N° 9.681 du groupement D. E., en date du 22 septembre 1916.

« Au moment où le 98e Régiment d'Infanterie Territoriale quitte le secteur de Belrupt, le général MANGIN, commandant le groupement D. E., se fait, auprès du colonel, des officiers et soldats, l'interprète des unités actives reconnaissantes du concours dévoué que ce régiment leur a donné. « Pendant une longue et dure période de trois mois, le 98e Régiment d'Infanterie Territoriale a apporté au service des héroïques défenseurs de Verdun tout son courage, tout son dévouement aux heures difficiles. Par un bombardement d'une intensité souvent très violente, il a assuré le ravitaillement sur le champ de bataille, a participé aux travaux des positions, a transporté les blessés, pendant les plus rudes combats. Il laisse une partie des siens sur une terre héroïque où les obus ont creusé des tombes dignes de ceux qu'elles renferment."

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« Le général commandant le groupement tient à adresser au chef de corps, avant son départ, l'attestation que le 98e Régiment d'Infanterie Territoriale a eu l'honneur de tenir sa place dans la défense de Verdun et qu'il y a rempli tout son devoir.

« Signé : MANGIN ».

Tombe familiale Siméon au cimetière de Bombon avec une plaque en souvenir d'Henri, mort à 41 ans.

Le général Mangin a rendu hommage au 98e RIT, reste à la commune de Bombon à honorer le Sergent Henri SIMÉON en inscrivant son nom sur le monument aux morts de la commune.