L'ANNÉE 1917 DEUX BOMBONNAIS SONT MORTS POUR LA FRANCE

LE 26 MAI à RAPECH EN SERBIE: HENRI MASSON & LE 20 JUILLET DEVANT CERNAY DANS L'AISNE: HENRI DUVERNOY

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Henri (Eugène) MASSON né le 20 juin 1890 à Bombon, Soldat de 2e Classe au 56e Régiment d'Infanterie Coloniale, mort pour la France des suites de blessure de guerre le 26 mai 1917 à Rapech (SERBIE).

Le 56e RIC est issu du 6e RMIC

Le 6e Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale a été formé de 2 bataillons Sénégalais du Maroc ( Niibaudeau et Simonin) et du Bataillon Chabbert du 6e Colonial formé avec des Européens. En fait il manquait un 3e bataillon de Sénégalais pour faire un régiment complet. C'est pourquoi un régiment mixte fut constitué.

Les Sénégalais, bataillons d'élite avant la mobilisation, ont participé à la retraite de Charleroi, victoire de la Marne, Reims, bataille de l'Yser, Ypres, Dixmude; mais trop éprouvés par le froid, ils ont été envoyés dans le Midi de la France pour se réorganiser et s'entraîner. Le bataillon d'européens Chabbert, formé en partie d'anciens réformés d'avant guerre, n'avait jamais combattu. 

Les 3 bataillons du 6e RMIC se sont retrouvés du 5 au 13 mars en Tunisie à Bizerte, puis du 17 au 20 mars dans l'ïle de Lemnos.

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 Le 27 mars ils sont à Alexandrie dirigés par le Colonel Noguès et le régiment reçoit son drapeau.

dardanelles-1915 Les trois bataillons du régiment après cet exploit sont remplacés par d'autres unités. 

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Le 6e Mixte, établi sur le presqu'île de Gallipoli, repart le 29 avril à l'assaut et consolide le front surlequel les attaques des Turcs viennent s'échouer. Le 28 mai une soixantaine de volontaires enlèvent un fortin Turc par surprise. Le colonel Noguès est blessé, le général Gouraud qui a succédé au général d'Amade aussi, car l'artillerie Turco-allemande est redoutable sur ce site. Le commandement est confié au Général Sarrail (portrait ci contre).

Le 16 aout, le 6e RMIC devient le 56e RIC. Mais le 10 décembre les compagnies sénégalaises passent au 58e RIC qui en échange lui transmet ses compagnies européennes.  Le 10 janvier 1916, le 56e RIC est transporté sur l'île de Mitylène et le 10 février il s'embarque pour Salonique. 

Le 56e RIC va être employé à faire des routes, créer des centres d'approvisionnements, préparer une nouvelle ligne de front, monter la faction en face des lignes bulgares, surveiller les conspirateurs hostiles à la présence des Français. Le 56e est alors en charge de la construction de la route de Salonique à Sérés. Du 18 au 22 juin il est rappelé à Salonique à l'occasion des troubles d'Athènes.  

Lorsque le 10 aout 1916, les Bulgares poussés par les Turco-allemands déclanchent les hostilités contre les Franco-britanniques et les Russes, le 56e RIC est envoyé en première ligne dans la région de Dobrovika. Du 17 au 20 aout il participe à la contre offensive française au cours de laquelle le village de Dolzeli est pris et repris trois fois à l'arme blanche. Il est ensuite renvoyé à l'arrière pour remplacer ses pertes avec des soldats venus de France. Il sera dans la région d'Ostrovo jusqu'en octobre. 

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 A nouveau en première ligne le 21 octobre dans la région de Brod (ravin de Kremia), il participe le 14 novembre à la sanglante attaque de Kenali. Pendant l'hiver il est dans la région de Monastir et alterne la vie de tranchées et la réfection des routes avec d'autres régiments. Des artistes ont fait des dessins de la vie de tranchée.

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Pour permettre aux alliés Roumains de mieux résiter, la France n'a d'autre moyen que de faire diversion en attaquant sur un front qui lui est très défavorable, car l'ennemi surplombe ses positions et peut observer tout ce qu'elle prépare. Le 56e RIC est l'un des régiments désignés pour attaquer malgré ces conditions très périlleuses.

Le 9 mai, Henri MASSON de Bombon participe à la première attaque, coordonnée avec les alliés Russes. L'assaut est très meurtrier, cependant des éléments du 56e atteignent et prennent à l'ennemi la première tranchée, dite du San, alors que le régiment Russe qui devait attaquer en même temps, s'est contenté de progresser jusqu'à une ancienne tranchée inoccupée.

Les deux bataillons du 56e qui ont attaqué sont décimés, pourtant le chef de corps, le Commandant Berecki reçoit l'iordre de réattaquer. Il répond que la préparation d'artillerie a été insuffisante avant la première attaque et que malgré les renforts de deux bataillons du 54e RIC et du 3e RIC, il ne pourra être prêt à attaquer avant 15 heures (4 heures plus tard que l'odre donné). Cependant l'heure de la 2e attaque est confirmée, les Russes ne bougent pas et quand le 56e RIC s'élance, la réaction de l'artillerie ennemie sur les seuls français est si violente que la progression est impossible. A 11h30 ce qui reste du 56eRIC revient sur ses tranchées de départ.

Mais il faut aider les Roumains sur leurs lignes de front. Une 3e attaque est décidée. 

Le 3e ordre d'attaque de la journée est fixé à 17fh30 avec l'aide de 2 autres bataillons en première ligne qui ne connaissent pas le terrain. La 3e attaque est effectivement lancée, mais la puissance de feu ennemie et le manque de mordant des troupes Russes obligent à nouveau à revenir sur les tranchées de départ. 

C'est lors de cette attaque du 9 mai qu'Henri MASSON sera blessé très sérieusement, il sera soigné à l'Etat-Major du 3e RIC situé près de l'Église de Rapech, il y décèdera quelques jours plus tard le 26 mai 1917.

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Henri DUVERNOY né le 20 juin 1891 à Bombon, Soldat au 39e Rgt d'Infanterie, mort pour la France, tué à l'ennemi le 20 juillet 1917 au Chemin des Dâmes, combat devant Cernay (Aisne). Cimetière de Bombon.

Le 39e RI etait en garnison à Rouen à l'époque de la mobilisation générale et dès le 5 aout 1914 il se dirige vers la Belgique et Rocroi. Il participe à la bataille de Charleroi et se replie sur Hanzinelle pour participer à la bataille de Guise, puis à celle de La Marne (à Escardes) le 6 septembre 1914. Il repousse victorieusement l'ennemi.

Le 16 février 1915, le 39e est près de Reims; il est chargé de dégager le bois de Luxembourg, mais subit des pertes sévères. En juin en Artois, le 39e tient la partie ouest du village de Neuville-Saint-Vaast. Il reçoit l'ordre de s'emparer de tout le village. Les 8 et 9 juin, il attaque et finit par prendre le contrôle de tout le village, maison par maison. L'écrivain Roland Dorgelès était mitrailleur dans ce régiment et obtint le grade de caporal. Il a écrit sur la vie du soldat, épuisé de sommeil: "Quand il ne se bat pas, le soldat, les bras croisés sur le fusil, parle de paille fraîche, de vin pas cher, de repos sans exercices, de tout un chimérique bonheur, et les camarades assis sur leur sac écoutent sans reprendre, trop hébétés pour rien désirer d’autre que le droit de dormir." 

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Le 25 septembre, le 39e participe à l'attaque de la crête de Vimy. Il renforce sa position le 2 octobre.

Le 21 fevrier 1916, le 39e est toujours en Artois en avant de Souchez. Il défend le Fort de Givenchy et repousse une attaque allemande. Le 10 juin il est transporté par camions sur Verdun.

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Le 12 juin il défend l'ouvrage de Thiaumont. Du 19 au 21 juin, il subit les tirs d'artillerie ennemis et à partir du 22 juin il subit en plus des attaques aux gaz toxiques et le 23 juin s'oppose à l'infanterie allemande en défendant victorieusement la crête de Fleury. 

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Le 25 juin le 39eRI est remplacé et quitte Verdun, mais l'Allemand n'ira pas plus loin. Le 39e sous les ordres du colonel Gibon-Guilhem est cité à l'ordre de l'Armée.

Le 39e combat à Woeuvre en janvier 1917, puis à Watronville, Ronvaux, bois de Mort-Mare de janvier à mars. Puis c'est la désastreusee stratégie du Général Nivelle. En juillet, le 39e est dirigé sur le Chemin des Dames. Henri Duvernoy tombe devant Cernay (Aisne) le 20 juillet 1917. Une erreur s'est glissée dans le livre des instituteurs Clayettes. Il n'est pas mort à La Haie Renard qui se trouve à Fleury devant Douaumont (Meuse), ni à Crouy, mais bien au combat devant Cernay comme indiqué sur sa fiche envoyée le 24 décembre à Bombon. Son régiment est cité à l'odre de la Xe armée. 

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Deux autres DUVERNOY ont leurs noms sur le monument aux morts de la commune de Bombon, Ernest et Émile, aucun des deux n'est reconnu Mort pour la France. Ernest DUVERNOY, né en 1897 est de la même famille qu'Henri, il est décédé le 4 mars 1924. Leurs plaques funéraires se trouvent côte à côte au cimetiière de Bombon.

Emile DUVERNOY, ( ne se trouve pas dans les Morts pour la France) et n'a pas de tombe à Bombon, il serait  du 237e Rgt d'Infanterie et décédé à Nancy le 6 septembre 1914. Nous ne connaissons pas ses lieu et date de naissance. Était-il vraiment de Bombon ? On peut en douter car les preuves manquent, même si son nom se trouve sur le monument aux morts.

Notre reconnaissance de Bombonnais va à nos soldats, et en cette année 2017 en particulier à Henri Masson et Henri Duvernoy