LE VILLAGE DE BOMBON FUT CHOISI PAR FERDINAND FOCH POUR CONDUIRE PLUSIEURS ARMÉES ALLIÉES À LA VICTOIRE 

DEFILE-DE-LA-VICTOIRE-BOMBLED-JUILLET-1919 Canadiens, hindous, australiens, japonais, polonais, roumains, serbes, italiens bersaglieres, italiens alpins, marins anglais, écossais, américains US, belges, grecs, français, sénégalais, malgaches, tirailleurs algèriens, spahis marocains  (illustration par Bombled).

La victoire est partie de la décision le 26 mars 1918 à Doullens des autorités politiques et militaires, françaises et britanniques, de créer un état-major unique et de le confier au Général Ferdinand Foch, assisté du Général Maxime Weygand. C'était une initiative du général Haig. L'unité de commandement inter-alliés, nécessaire à la victoire était née. Mais ce n'était alors qu'un poste de coordination. Le 3 mars à Beauvais fut confié à Foch la stratégie générale et seulement le 14, il obtint le titre de "Général commandant les armées alliées en France".

Par la suite Foch installa son Etat-Major à Beauvais (29 mars), Sarcus (7 avril) où s'associèrent les américains des Etats-Unis, puis brièvement à Mouchy le Châtel (1er juin) et enfin à partir du 5 juin le village de Bombon qui réunissait plusieurs avantages: être assez proche de tous les états-majors : français à Provins (général Pétain), US à Chalons (général Pershing), Britannique à Montreuil (Marechal Haig). Autres avantages de Bombon, sa localisation non loin de la route nationale Paris-Provins sans être trop près de cette route pour des raisons de sécurité militaire,  Bombon disposait de logements dispersés mais proches afin de ne pas trop s'exposer aux risques d'un bombardement par l'aviation allemande.

Le lieu de l'Etat-major appelé GQGA (Grand quartier général des Armées Alliés) est resté secret jusqu'à l'Armistice du 11 novembre 1918. Pour le désigner dans les correspondances entre les différents QG son nom de code était "Bacon". Tous les chefs des armées alliées furent reçus à Bombon par Foch qui lui même se déplaçait souvent auprès des différents QG des armées alliées.

Foch-et-alliés Le Maréchal Foch et de gauche à droite: Marshal Douglas Haig, Albert 1er roi des belges, Général Pétain, Général Pershing, Général Diaz, Général Franchet d'Esperay.

Quand le commandant Bontemps, responsable des différents cantonnements au service du général Foch, vint à Bombon pour rencontrer le maire Anatole Oreste MERCIER afin de prévoir les logements d'une trentaine d'officiers français dans les maisons des habitants et l'installation d'environ 150 sous-officiers et soldats, secrétaires, palefreniers et chauffeurs, il découvrit avec satisfaction que le village disposait de plusieurs vastes bâtiments d'exploitation agricole où il allait pouvoir loger hommes, véhicules et chevaux. 

Mairie-de-Bombon-1909-1 La Mairie et sur le côté l'entrée de l'école communale du temps du maire Anatole Oreste Mercier.

Bombon-Chau-de-Breau

Par ailleurs il y avait un château au hameau de Montjay et un autre chateau à Bréau appartenant à la famille Estignard de Lafaulotte pour la mission militaire britannique commandée par le général John-Philip Du Cane. 

Dans une belle demeure, la maison Sivignon, située derrière la mairie logeait le colonel américain Bentley T. Mott de la mission militaire US; non loin de là, dans la maison de l'instituteur Decaux fut installé la mission militaire italienne avec le colonel Calcagno, de même la maison Besy accueillit le colonel  Menschaert de la mission militaire belge.  Le château le plus proche du village, propriété inoccupée du comte de Segonzac, fut choisi pour le général Foch et ses trois officiers les plus proches: général Weygand, Colonel Desticker, Lt-Colonel Pagezy ainsi que ses ordonnaoces (médecin, maitre d'hotel et secrétaire particulier).  

Charles-Duvent-quartier_général_du_maréchal_Foch-7aout-1918 Le bureau de Foch à Bombon, aquarelle de Charles Devent, peinte le 7 aout 1918, alors que Ferdinand Foch apprenais le jour même, par une lettre de Clémenceau partie de Paris la veille, qu'il était élevé à la dignité de Maréchal de France. 

lettre-de-clemenceau-a-Foch-le-proposant-au-marechalat-6aout-1918 Début et fin de la lettre de G. Clémenceau à son ami le général F. Foch.

 

La remise du Baton de Maréchal par le Président de la République Poincaré eut lieu plus tard, le 23 aout (il fallait permettre à la maison Cartier d'avoir le temps de le confectionner). Contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, il n'y avait que des autorités civiles et militaires françaises ce jour là. Les chefs des armées alliées ( Haig, Pershing, Diaz) ne vinrent à Bombon que le 2 septembre. Les journalistes présents au défilé militaire et à la cérémonie acceptèrent de ne pas publier dans la presse qu'il s'agissait du village de Bombon; secret militaire oblige. 

Les autres officiers de l'état-major de Foch furent logés par les habitants dans leurs maisons; ils demeuraient  dans presque toutes les rues du village: rue de Provins, rue du Toc, Grande rue, derrière l'église, proche de la Mairie, vers le cimetière, etc.. La plus grande partie de la population du village fut impliquée dans cet accueil.

Le village de Bombon fut qualifié dans la presse de "Berceau de la Victoire" juste après l'Armistice. Un article du journaliste Gustave Babin publié le 16 novembre 1918 et rapportant une interview du Maréchal Foch le mentionne le premier.